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Les fiançailles

Le jeune homme consulte généralement son père sur le choix de sa future épouse. Si les idées des deux hommes ne concordent pas, le fils porte ses visées ailleurs, à moins qu'il ne tienne à la jeune fille et qu'il n'ait de quoi donner la dot. Celle-ci est, dans beaucoup de cas, fournie par le père même; c'est alors celui-ci qui débat la question avec, selon les circonstances, le père, le frère ou l'oncle paternel de la jeune fille.

Le jeune homme, ou le père de celui-ci, suivant le cas, s'adresse au père de la jeune fille. Si celle-ci n'a plus de père, on s'abouche avec le plus âgé des frères consanguins ou, à défaut de celui-ci, avec un frère puîné consanguin, le plus âgé ayant toujours la préséance. Dans le cas où la jeune fille n'a plus aucun frère consanguin, on se rend chez le plus vieux des oncles paternels.

Rares sont les cas où la dot est remise à la mère de la jeune fille.

On discute plus ou moins longuemeut ; l'importance de la dot dépend à la fois des exigences du père de la jeune fille et de l'ardeur avec laquelle le jeune homme convoite celle-ci.

On peut, par exemple, obtenir la main d'une jeune fille en échange de dix vaches ou de trois houes, quatre chèvres, trois lances et un carquois rempli de flèches.

Knku. Poss. : Anglo Egypt C, c, 77.

La jeune fille est consultée avant d'être donnée; elle peut même manifester le désir d'avoir pour mari tel jeune homme qu'elle a distingué. Mais, si la dot offerte est importante, il pourra se faire que le père passe outre aux convenances de sa fille et emploie même, pour la décider, la menace et, s'il le faut, une paire de gifles.

La dot n'est pas toujours payée entièrement au moment de l'accord. Lorsque ce cas se présente, le père de la jeune fille remet celle-ci dès l'instant même où le premier acompte est donné, ou bien il la garde jusqu'à ce que le soupirant se soit complètement libéré. De pareils arrangements finissent presque toujours par engendrer d'interminables contestations. Si, en effet, le père cède sa fille, le gendre se fera tirer l'oreille pour remplir ses obligations dotales. Si, au contraire, il garde sa fille, il pourra se laisser séduire par l'appât d'une dot plus brillante et donnera la jouvencelle à un autre. J'ai même eu à m'occuper du cas d'un homme qui, après avoir donné sa fille en échange d'une dot entièrement payée, décida l'épouse à déserter le toit conjugal pour convoler en injustes noces avec un individu qui était venu, après le mariage accompli, offrir des conditions beaucoup plus alléchantes que les premières.

Il est très rare qu'un homme se fiance à une enfant. Mais, si le cas se produit, la gamine, après la remise de la dot, est envoyée chez la mère de son futur mari. Cette femme nourrit et surveille la petite fiancée jusqu'à l'âge où celle-ci pourra recevoir la visite de son époux. Si ce dernier est déjà marié, ce sera la principale de ses femmes qui s'occupera de la nouvelle venue.

Vanden Plas.

KUKU

(Poss. : Anglo-Egyptiennes).

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