ESS
naires après l’hémoptysie initiale : dans les cas simples, non compliqués, l’état général reste satisfaisant, le malade est apyrétique et n’aceuse ni toux, ni expectoration. Plutôt que de la dyspnée, on peut noter un certain degré de gêne respiratoire, mais surtout des palpitations et des vertiges. <
Rien en somme ne semble attirer Eten sur l’appareil respiratoire.
Toutefois il faut signaler la possibilité de réapparition d’une hémoptysie, quelques années après, en pleine santé apparente : c’est le cas de l’observation V. où le malade fut longtemps considéré comme un tuberculeux : alors que l’épisode hémoptoïque initial en 1920 semblait parfaitement guéri, lé malade remarquait bientôt une expectoration hémoptoïque à l’occasion des efforts où du froid sec; neuf ans après le début il faisait une hémoptysie, suivie d’une autre encore deux ans après. Toutefois cette forme en quelque sorte hémoptoïque des kystes hématiques semble l’exception, et en définitive, la symptomatologie fonctionnelle en période d’état APpArAE" comme extrêmement pauvre.
Si par ailleurs l'exploration physique permet de relever quelques os ceux-ci n’ont rien de caractéristique :
On trouve dans une zone bien limitée, une aire de matité franche; les vibrations vocales y sont abolies ou fortement diminuées; elle est le siège d’un silence respiratoire plus ou moins complet. Dans certains cas, on peut noter l'existence d’un souffle tublaire, de pectoriloquie. Une percucsion minutieuse pourrait permettre de préciser les contours plus ou moins arrondis de la matité, mais cette notion, pas plus que les précédentes, ne permet d'évoquer la si rare éventualité du kyste hématique.
Ces symptômes sont ceux vu. épanchement piéural
ou d'une pachypleurite et ce sont là les diagnostics que l’on évoque d’emblée.
Ag
C'est alors que l’examen radiologique apporte des
données très intéressantes :
. Il permet en premier lieu d’écarter le diagnostic d’épanchement pleural; en effet dans tous les cas le kyste se traduit radiologiquement par une opacité à contours précis : il est limité, du moins en partie, par une ligne précise tranchant nettement par une courbe sombre sur la clarté pulmonaire normale.
Dans certains cas (observation V), il s’agit d’une opacité parfaitement circulaire. Plus souvent la netteté de ia courbe n’est appréciable que dans un segment du contour kystique :
soit bord supérieur convexe en haut (observation 1},
soit bord inférieur convexe en bas (observation Il),
soit convexité interne (observation HI), alors que le reste du pourtour plus ou moins flou, se confond avec les opacités normales (médiastinale - hépatique - cardioaortique) ou se perd insensiblement.
Mais il est capital d’explorer les sinus costo-diaphragmatiques et l’extrême base du poumon, qui conservent leur clarté normale. Ce test essentiel permet d’éliminer les épanchements pleuraux.
En définitive, l’existence de contours précis et arrondis, la persistance de la clarté à la base pulmonaire, constituent les signes radiologiques nécessaires et suffisants pour évoquer le kyste — mais là s’arrêtent les renseignement fournis, Car la radiographie reste impuissante à en déterminer la nature.
Nous reproduisons ici les clichés de l’ancien malade du Docteur PRUVOST : :
De facé, on note une tache sombre, nettement limitée en dehors par une ligne courbe à convexité externe; l’opacité siégeant entre la 6° et la 9° côte, déborde de plus de 2 travers de doigt sur le champ pulmonaire, et sa base répond au bord droit du sternum. Elle est très opaque et homogène.
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La radiographie de profil précise son siège antérieur, et ià encore, elle se présente opaque, homogène, affectant la forme d’un demi-cercle un peu aplati, à bord inférieur concave en avant et en haut.
Par ailleurs, les champs pulmonaires sont indemnes de toute image pathologique. La formation kystique semble siéger dans le lobe moyen ou inférieur.
Quoique très caractéristiques, ces deux clichés sont très insuffisants à faire poser un diagnostic et ne pie sentent qu’une valeur d'orientation.
Telle-est la symptomatlologie des kystes hématiques pleuro-pulmonaires; celle-ci est particulièrement peu évocatrice : les signes fonctionnels sont très frustes, les signes physiques sont trompeurs, la radiographie ne tranche pas le diagnostic.
Par ailleurs on ne peut plus noter que des signes négatifs :
Pas de modifications de la formule sanguine, en particulier pas d’éosinophilie; négativité des réactions de Weiïinberg, de Casoni, de Bordet-Wassermann.
C’est dire, à ce stade, la quasi-impossibilité du diagnostic.
Seule la ponction exploratrice, si elle est possible, permet de reconnaître la nature hématique du kyste découvert à l'examen radiologique : suivant l’ancienneté de l’affection la ponction met en évidence soit l’origine, soit même la nature hématique de la collection :
— dans l'observation I, le liquide, presque noir, a l’apparence du café; il ne contient pas de globules rouges, mais de nombreux cristaux d’hématoïdine; il traduit Ja transformation du sang épanché dans le parenchyme, vingt ans auparavant.
-— dans l'observation II, le liquide a l’apparence de la bière brune; il contient des globules rouges déformés
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et des leucocytes en proportion analogue à celle du sang;
__ dans l'observation IV, où le kyste s’était secondairement infecté, le liquide de ponction était chocolat, dense, grumeleux, contenant des hématies en nécrosiose, des leucocytes altérés, des macrophages et des pigments hématiques — tous éléments traduisant un mélange de sang et de pus.
En définilive, la ponction s'avère le test diagnostic essentiel en permettant d'affirmer la nature hématique de l'affection.