‹ Les Kystes Rétro-PéritonéauxChapitre 16 sur 49 · I. — Origine Wolffienne · texte numérisé non relu

I. — Origine Wolffienne

L'opinion la plus généralement répandue est que ces tumeurs sont d’origine Wolffienne et dérivent des débris du Corps de Wolff.

Cette théorie a été émise pour la première fois en 1889 par PRZEwOSKY qui se basait sur les caractères histologiques des kystes examinés par lui.

À l'heure actuelle, où l’on connaît mieux le développement de la région rénale, on demande pour admettre l’origine Wolffienne d’une tumeur les 2 caractères suivants :

Histologiquement, la tumeur doit être tapissée d’une seule rangée de cellules cylindriques élevées. Il est vrai que dans certains cas, cet épithélium peut s’aplatir et même prendre un aspect endothéliforme, et il nous semble que la tumeur enlevée par Monsieur MENEGAUX est la plus belle illustration de cette transformation où à côté de cellules endothéliformes, on trouve des cellules cylindriques aplaties.

En outre ces lésions doivent apparaître et se développer dans une région bien déterminée de la loge rénale : c’est dans la partie antérieure qu’elles sont contenues, et ne recouvrent le rein que dans sa moitié inférieure, niveau où siège le mésonéphros.

Plus tard, cependant, elles peuvent descendre légérement et on les trouve alors, comme dans le cas de Monsieur MENEGAUX dans la fosse iliaque.

À ces données macroscopiques et microscopiques s’ajoute cette donnée fournie par l’examen chimique du liquide qui renferme des traces d’urée, de chlo-

rures et de phosphates sans que ces corps soient ja-

mais en quantité telle que la composition du liquide soit identique à l'urine.

Lorsqu'un kyste réunit ces trois caractères, nous pouvons affirmer son origine Wolffienne et de nombreux examens faits par la majorité des auteurs ne sauraient nous laisser aucun doute. La plus belle preuve nous en est certainement fournie par l’observation de MADIER et NATHAN qui ont retrouvé en un point de leur kyste un tube Wolffien primitif.

Nous devons d’ailleurs ranger sous cette étiologie, d’autres kystes, où les auteurs nous affirment cette origine sans qu’un examen histologique ait été pratiqué.

Toute une série d’autres cas se rapportent peutêtre à cette pathogénie, mais cela reste bien incertain, ce sont les cas dans lesquels l'examen microscopique n’a pas trouvé d’épithélium de revêtement, la coupe a du passer par un point dépourvu d’épithélium ou bien ce dernier s’est détaché pendant la fixation de la pièce.

Enfin il nous paraît que le kyste enlevé par Monsieur ROURIER soit à rattacher à cette pathogénie car si nous trouvons une couche basale de cellules aplaties, qui n’a jamais été trouvée ailleurs que dans cette coupe examinée par Monsieur RAVINA, on retrouve néanmoins dans cette tumeur prérénale, un

épithélium cubo-cylindrique caractéristique.

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IL — Origine rénale.

Si l’origine Wolftienne semble répondre à l’heure actuelle à la majorité des cas, elle est loin de pouvoir s'appliquer à tous, et ce serait une grave erreur de vouloir la généraliser. |

C’est ainsi qu’elle ne saurait expliquer les kystes communiquants avec le bassinet. Les débris Wolffiens n’ont aucune connexion avec cet organe et il faut chercher ailleurs leur origine.

En outre, un certain nombre de ces kystes sont situés en arrière du rein alors que le mésonéphros répond à la face antérieure et à la moitié inférieure du rein. Si nous examinons leur paroi interne, nous voyons qu’elle est très variable. Si AbLER signale simplement une muqueuse normale, KROGIUS trouve un épithélium analogue à celui du bassinet, et HaAwWkINS des fragments de tissu rénal.

En tenant compte de ces diverses constatations, il est permis de penser que de semblables tumeurs dérivent d’un diverticule anormal du bassinet, d’une sorte de calice supplémentaire qui est devenu le point de départ d’un lobule rénal aberrant. La capsule du rein en s’organisant l’a définitivement séparée de cette dernière, et si un rein mal formé peut devenir hydronéphrotique, à plus forte raison peut-il en être ainsi pour un semblable diverticule.

Enfin le fait que ces kystes ne communiquent jamais que par un seul pertuis ne prouve-t-il pas qu'ils viennent d’un diverticule unique.

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