INTRODUCTION
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA RÉPARTITION DES LABIÉES DE LA RÉGION DE MONTPELLIER ET DU DÉPARTEMENT DE L'HÉRAULT
Le département de l'Hérault, ainsi que les deux départements côtiers limitrophes : le Gard et l’Aude, offrent au botaniste qui s’y arrête une richesse incomparable, quant à la diversité et à la multiplicité des espèces botaniques qui y croissent. *
. Au premier abord, ce fait peut paraître paradoxal, en raison même de la situation excentrique des trois départements précités. Il semble, en effet, de par leur position géographique, qu’ils ne subissent que l'influence d’un climat très particulier et que, par suite de leur situation côtière, ils ne puissent jouer qu’un rôle bien secondaire dans la répartition des flores départementales.
= I n’en est rien, pourtant, et les départements du Gard et de l’Aude, mentionnés plus haut, forment avec le département de l'Hérault une région considérée à juste titre comme l’une des plus riches et des plus variées en espèces qui poussent en France. |
Par suite de quelles circonstances notre flore se trerive-
- t-elle placée dans les tous premiers rangs des flores dépar-
tementales par leur importance et leur diversité.
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Une étude rapide de la géographie du département donpera, ainsi que l’écrit Alphonse de Candolle dans sa géographie scientifique, « l'aperçu le plus juste de la végétation d’un pays ». k |
Il est facile de distinguer trois régions qui s'opposent naturellement entre elles :
I. — La Région côtière, bordée de plages sableuses, s'étend sur une centaine de kilomètres de long. Elle est parsemée d’étangs et de marais et s’avance à l’intérieur des terres à des distances variant de quelques centaines de mètres à plusieurs kilomètres.
IL. — Il lui fait suite une région que l’on peut appeler « La Plaine »; c’est là que l’on cultive en grand la vigne et lolivier, tandis que s’intercalent d’interminables étendues de terres incultes, connues sous le nom de « garrigues ».
La Plaine occupe la plus grande superficie du département et est limitée au Nord, par la troisième région ou Région Montagneuse.
IIL — La Région Montagneuse se subdivise elle-même :
a) en région de bassé montagne qui, par son climat, sa flore est encore bien typiquement méditerranéenne. Elle s'étend à des hauteurs variant de 400 à 800 mètres;
b) au-delà, c’est la région vraiment montagneuse encore qu’il n’y ait pas de sommets dépassant 1.200 mètres (Carax 1.094 m.; Espinouse 1.122 m.). Elle est toute de contraste avec les autres régions, car elle connaît l’influence bienfaisante des pluies et un climat plus tempéré et, à ce titre, bénéficie dans sa flore de la présence d’espèces qui font le bonheur des naturalistes des régions plus favorisées et par le climat et par la nature du sol.
-Aïnsi se trouvent rénnis sur notre sol départemental, avec des espèces purement méridionales, des plantes qui font la
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richesse botanique de bon nombre d’autres régions de
France.
Ceci, qui est vrai pour l’ensemble des familles botaniques l'est également pour les Labiées remarquablement représentées dans la région montpelliéraine et dans le département.
Il est intéressant de noter cependant que la région purement côtière ne compte guère que l’espèce Stachys maritima en fait de Labiées, et qu’encore elle est rarement rencontrée.
Le reste du département par contre est particulièrement riche en plantes aromatiques de la famille qui nous intéresse. Elles se rencontrent en tous lieux, cultivés ou non, arides et secs — tels les garrigues où la végétation, rare, doit s’adapter à la sécheresse du milieu — aussi bien qu'ombra-
gés et frais comme les forêts, prairies et bords de ruisseaux.
Est-ce à dire que cette famille est une réunion artificielle de genres dépourvus de caractères communs ou difficile-
ment identifiables, réunis entre eux d’une manière factice ? Non! bien au contraire!
À. de Candolle, dans l’Essai sur les propriétés des plantes écrivait sur les Labiées : « La ressemblance de leur forme est telle qu'aucun naturaliste n’a tenté de les désunir et qu’à peine on peut les séparer en groupes secondaires ou en genres ».
Elles forment donc un tout, bien homogène, difficilement dissécable, dont les caractères généraux d'ensemble de la famille nous permettront de la définir :
En Phanérogames, dicotylédones, les Labiées sont caractérisées :
1° Par une tige presque toujours quadrangulaire qui porte des feuilles opposées et sans stipule;
2° Par une fleur zygomorphe;