Arboréiaz
Crenans .
Gomme on le voit par ce tableau, la profondeur de quelquesuns de ces lacs n’est pas encore exactement connue : c’est une recherche intéressante à faire pour les lacs de Viry, des Mortes, des Rousses, de Foncine, de Mornieu, des Rouges-Truites, de
Fort-du-Plàne et de Bellefontaine ; pour les autres, peu profonds et moins considérables, cette lacune est moins regrettable.
Avant les sondages exécutés dans ces dernières années, les profondeurs indiquées pour beaucoup de lacs étaient trop grandes et souvent fantastiques ; il en était ainsi pour les lacs de Remoray, du Trouillot, de l’Abbaye, de Bonlieu, d’Etival, Genin, de Nantua, d’Ambléon, de Gonzieu, de Bar, Bartherand, de Pluvis ; plusieurs lacs comme ceux de Bar, du Trouillot, étaient réputés insondables ! Aussi n’est-il pas étonnant de trouver, dans la plupart des ouvrages consacrés au Jura, de nombreuses indications erronées ; nous nous bornerons à relever les suivantes : la profondeur du lac de l’Abbaye qui est de 19m, 8, est donnée comme étant de 30 mètres par Ogérien, Lamairesse, le Guide Joanne, etc.; celle du lac de Ghalin (34 m) devient 100m dans Ogérien, peut-être pour 100 pieds, ce qui serait exact ; celle du lac de Nantua (42 m, 9) est évaluée à « 100 m et plus » par Lamairesse, etc. Mais si la tendance à exagérer les profondeurs est générale, on peut cependant citer des exceptions remarquables : le lac de Sylans est indiqué comme ayant une profondeur de 10 mètres dans Raverat ( Vallées du Bugey, 1867, tome il, p. 100), tandis qu’il a 22ra; de même la profondeur du lac d’Ilay, estimée par les gens du pays à 8m a été portée, par les sondages de M. Delebecque, à 30 m, 2 !
La profondeur est en rapport avec l’altitude : les lacs situés à des altitudes élevées sont généralement peu profonds ; les plus grandes profondeurs se rencontrent au contraire dans les grands lacs des plaines et des vallées sous-jurassiques ou sub-alpines, par exemple, dans le Bourget (altitude 231 m. profondeur 145 m.), d’Aiguebelette (ait. 374 m, prof. 71 m), Nantua (ait. 474ra, prof. 43 m) ; les lacs profonds de la haute montagne, comme Narlay (ait. 740 m, prof. 39), Saint-Point (ait. 851 m, prof. 40 m, 3), Joux (ait. 1008 ra, prof. 33), n’ont en somme qu’une profondeur médiocre ; la plupart des autres lacs très élevés sont très peu profonds : Boulu (ait. 1152) profondeur 9 mètres ; Mortes (1088), 18ra ; Bellefontaine (1088), 10m ; Rousses (1075), 17 m ; Taillières (1037), 7 ; Malpas (925), 7 ; etc.
La profondeur maxima d’un lac et ses variations déterminant
le relief sous-lacustre sont aussi en rapport avec la structure orographique de la région, la hauteur des montagnes voisines, leur écartement, la présence de pentes hautes et rapides sur une ou deux de ses rives, la présence d’une faille, etc. ; l’espace nous manque pourdévelopper ce point dont on peut cependant se rendre un ‘compte suffisant en étudiant sur des cartes orographiques et géologiques les bassins où sont installés les lacs du Bourget, d’Aiguebelette, de Nantua, de Joux, de Saint- Point, de Narlay, d’Ilay, etc.
Voici, à titre de comparaison, la profondeur des autres lacs français les plus importants : lac Léman, 310 m ; lac Bleu ou lac Libéou (Hautes-Pyrénées), 116 m ; lac de Lespone (Hautes-Pyrénées)1, 110 m; lac d’Issarlès (Ardèche), 108 m; lac Caillaouas (Hautes-Pyrénées), 101 m ; lac de la Girottaz (Savoie), 99 m ; lac Pavin (Puy-de-Dôme), 92 in; lac d’Annecy, 81 m ; lac Cotepen (Isère), 70 nl ; lac d’Oo (Haute-Garonne), 67 m ; lac de Tazanat (Puy-de-Dôme), 67 m ; lac Chauvet (Puy-de-Dôme), 63 m ; lac Lanoux (Pyrénées Orientales), 55m ; lac d’Oredon (Hautes-Pyrénées), 54 m ; lac de Gaube (Hautes-Pyrénées), 53 ra ; etc. ; les autres ont moins de 50 m : les laGS des Vosges n’ont que 36 ,n (Gerardmer) et 30m (Longemer). Voy. Delebecque, Nouv. Géographiques , mars 1894, p. 34.
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