‹ Les langues dans l'Europe nouvelleChapitre 19 sur 122 · PARENTES SANS INTÉRÊT PRATIQUE · texte numérisé non relu

PARENTES SANS INTÉRÊT PRATIQUE

sait OÙ ni en quelles conditions, est dépourvu de portée. La prononciation, le type grammatical et le détail des formes, le vocabulaire, tout diffère d'une langue à l'autre, et les quelques traits, communs qu'on pourrait entrevoir, la ressemblance des noms de la « sœur » par exemple, sestrâ en russe (avec accent sur la fin du mot), sister en anglais (avec accent sur l'initiale), tiennent en bonne partie à de simples accidents ; car, dans d'autres langues indo-européennes, le même mot a pris un tout autre aspect, ainsi soror du latin, qui est bien différent de sestrâ et de sisier, est représenté maintenant par le français sœur.

Deux langues indo-européennes modernes appartenant à un même groupe peuvent différer tellement que la portée pratique de leur communauté ancienne ait disparu. Ainsi l'irlandais d'une part, le breton et le gallois d'autre part, continuent une même langue indo-européenne, le celtique commun. .Et pourtant leurs parlers ne rapprochent plus guère les [rlandais et les Gallois ; les deux groupes n'ont pratiquement en commun que d'employer une même langue de civilisation, l'anglais, qui est une langue germanique.

En l'état où sont parvenues maintenant les langues indo-européennes, le fait qu'elles continuent toutes une seule et même langue ancienne ne constitue plus un lien entre les hommes qui les parlent; il n'en résulte même guère de facilité pour eux à apprendre la langue les uns des autres. Le linguiste sait que le

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