‹ Les langues dans l'Europe nouvelleChapitre 4 sur 122 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Il se parle en Europe un grand nombre d'idiomes divers, dont l'usage est souvent limité à un domaine exigu.

A une date antérieure, beaucoup de ces idiomes aujourd'hui différenciés formaient une unité, et plus on recule dans le passé, plus apparaissent les ressemblances qui prouvent cette ancienne unité.

La plupart des langues actuellement employées en Europe appartiennent à un même groupe linguistique, c'est-à-dire qu'elles sont des transformations d'une même langue, dite indo-européenne, dont la période d'unité est préhistorique, et dont les éléments composants ont depuis longtemps fortement divergé. L'unité du groupe n'est plus sensible aujourd'hui au premier coup d'œil. Il n'en subsiste d'appréciable qu'une vague ressemblance générale de structure.

Dans ce groupe, il s'est constitué, dès avant l'époque historique — qui commence en Europe

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bien plus tard qu'en Egypte ou en Babylonie — , des groupes distincts, dont l'unité demeure encore sensible, non pas seulement aux linguistes, mais aux sujets parlants eux-mêmes.

• D'autre part, un certain nombre de langues parlées en Europe n'appartiennent pas au groupe indoeuropéen.

En énumérant les langues, on met sur un même plan des langues parlées par des millions d'hommes, erdont l'importance est mondiale, comme Tanglais, et des langues employées dans la famille seulement, et dans quelques localités seulement, par quelques milliers d'individus, qui parlent aussi une autre langue, comme le sorabe de Lusace — des langues qui ont une grande et ancienne littérature, comme l'italien, et des langues qui n'en ont aucune, ou presque, comme le basque — des langues absolument différentes les unes des autres, comme l'allemand et le magyar, et des langues si pareilles qu'elles peuvent passer pour deux dialectes d'une même langue, comme le provençal et le catalan. En énumérant les groupes, on met sur un même plan des familles de langues dont l'unité se voit au premier abord, comme les langues slaves, et des groupes dont les éléments composants sont très distincts, comme le groupe roman et le groupe germanique. Cet inconvénient provient du caractère des faits linguistiques ; on n'y saurait obvier. Seul, l'examen de chaque cas particuHer permettra de saisir la portée juste des faits indiqués.

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