‹ Les Lapins Rex: Origine - Génétique - ExploitationChapitre 5 sur 27 · ORIGINES · texte numérisé non relu

ORIGINES

D'où vient le nom de Castorrex donné à la race que nous étudions ici ? |

Castor, parce que le premier éleveur, M. l’Abbé Gillet remarqua que la couleur de la robe de ses sujets, brun clair, se rapprochait beaucoup de celle de certaines sauvagines, plus spécialement du castor. |

Rex. La structure du revêtement pileux était entièrement nouvelle et donnait au toucher une sensation aussi douce que le velours de soie ; elle plaçait le lapin qui en était porteur au tout premier rang parmi les autres races (rex-roi).

Le nom de Castorrex était donc légitime pour désigner les nouveaux sujets. Mais il faut noter que, grâce à des croisements, les caractères castor (couleur ) et rex (structure du poil) se sont disjoints et le dernier a pu être associé à d’autres couleurs. Il y a donc aujourd’hui des lapins rex de toutes teintes et non plus uniquement des Castorrex : ils se nomment, suivant les cas : « Bleu », « Lynx », « Chinchilla », « Hermine », « Loutre », Alaska », Havane-Rex ».

Le lapin Castorrex est de connaissance récente, puisque le public ne le vit, pour la première fois, qu'à l'Exposition des animaux de Basse-Cour de Paris, en 1924. Les quelques couples exposés appartenaient à M. l'Abbé Gillet. En 1919, M. Caillon, cultivateur à Coulongé (Sarthe), élevait des lapins normands, de teinte gris-lièvre, très répandus dans la région. Il trouva un jour, dans une portée, un lapereau dont le revêtement pileux semblait plus fourni que celui de ses frères. Plus tard, cette particularité ne fit que s’accentuer et il vit que le poil croissait plus court et était plus soyeux que celui des parents. De plus, la couleur n'était pas la même : le gris-lièvre des ascendants avait disparu et était remplacé par une couleur de teinte plus foncée, uniforme. L’éleveur conserva ce lapin par simple curiosité. A la portée suivante, la mère de ce phénomène donna encore un lapereau en tout semblable au premier. Intrigué, M. Caillon porta les deux lapereaux au prêtre de la localité, qui s’intéressait à l'élevage, M. l’abbé Gillet. Celui-ci fut à son tour séduit par la beauté du pelage de ces animaux et les acquit.

Comme ils constituaient un couple, il les fit reproduire ensemble et obtint des descendants semblables aux parents. Mais ceux-ci se seraient bientôt montrés chétifs ; la reproduction aux générations ultérieures eut-elle lieu uniquement par consanguinité? Des croisements furent-ils faits méthodiquement, de très bonne heure avec des races à poil ordinaire ? On n’est pas bien fixé sur ce point. Ce qui est sûr, c’est qu'une lon-

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gue période s'écoula entre l'apparition des premiers mutants et leur exhibition à Paris, en 1924.

Le mérite de l’abbé Gillet est d’avoir compris l’intérêt présenté par les nouveaux lapins et d’avoir essayé de fixer la variation. En effet, si ceux-ci furent les premiers conservés, ils avaient certainement des ancêtres dont on a gardé le souvenir dans la région. D'ailleurs, à partir de ce moment, l'attention des éleveurs fut éveillée et bientôt on signala, en diverses régions, de nouvelles souches de Rex, sans qu'il soit, du reste, toujours facile de déterminer si ces prétendus « mutants » n'avaient pas, en réalité, quelque parenté avec la souche de la Sarthe.

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