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Dès l'instant où sa tunique blanche avait frôlé les parois de ce réduit, les prophéties d’ autrafois allaient avoir leur dénouement;
car. il était écrit que l’âme de cet home seratt-béite jusqu’à la mort, et cette nuit, qui s'ébfurdait si calme, si belle, si silencieuse soussle ciel de la Judée, ne devait plus être abpalée, dans la suite des temps, que la nuît dt Agouie.
Quelles pouvatont aonc être les sombres et poignautes penséès qui faisaient alors perler de froides suewrs' sur le visage du Fils de Dieu ? Ho
Pourquoi ce perpétuel voile de tristesse — qu'une main d'en haut était venue poser sur la face du Sauveur, dès sa sortie de la crèche de Bethléem—était-il encore là, planant au-dessus de sa tête sacrée, maintenant que l'instant suprême approchait ?
‘ Les peuples de Galilée l'ont vu pleurer, écrivait Donoso Cortès, la famille de Lazare l’a vu pleurer, Jérusalem l’a vu inondé de ses larmes. Tous, tous ont vu des larmes dans ses yeux : qui a vu le rire
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sur 888 lèvres? Et que voyaient ces yeux troublés devant qui étaient toutes choses, celles du passé, celles du présent, celles de l'avenir ?
‘* Voyaient-ils le genre humain navi.
guant sur une mer calme et heureuse ?
Non, non! Ils voyaient Jérusalem tombant sur Dieu, les Romains tombant sur Jérusalem, le protestantisme tombant sur l'Eglise, les révolutions allaitées par le protestantisme tombant sur les sociétés, les socialistes tombant sur les civilisations, et le Dieu terrible, le Dieu de justice tombant sur tous.”
Ce soir 1h donc, où tout s'était donné la main pour le trahir, le renier, le crucifier, l'immense flot de larmes échappé de ses paupières s'était mis } refluer violemment vers sa source, fouctté et refoulé par la main de son Père, Partout où ses yeux rougis voulaient se reposer, ils n’entrevoyaient dans la pénombre de la grotte que cyniques ambitions, haines atroces, dissimulations perfides, amitiés menteuses, crimes incroyables entassés au milieu
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de débris de sceptres, de fragments de trésors, de lambeaux de mitres, de tronçons d’épées. L’horrible vision, soutenue par la main de fer de l’athéisme, du blasphême, de la malhonnêteté, de la débauche, du parjure, de l'amour vendu, allait se déroulant lentement devant ce cœur défaillant, et déjà un long cri d'angoisse s'était échappé des lèvres du Fils de Dieu, lorsque soudain tout disparut, pour faire place à quelque chose de plus horrible et de plus satanique.
Ces hommes qu'il était venu sauver, ces hommes pour qui il venait de commencer à se sacrifier, ces hommes à qui il allait léguer la goutte la plus pure de son sang divin—l’église catholique, apostolique et romaine— se pressaient les uns contre les autres, s’excitaient de la voix, s’encourageaient mutuellement, puis, se divisant par groupes, se ruaient sous le nom de démagogues, de libres penseurs, de révolutionnaires, de socialistes, de tolérants, contre cette dernière trace du Sauveur
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Et
laissée à la terre pour l’engager à se souvenir du ciel, et essayaient de la faire disparaître, en la foulant sous leurs pieds, L'église militante se mit alors à défiler majestueusement devant l’Agonisant. La poussière de ses autels que l’on martelait sans relâche, se prit à jaillir jusque sur le rebord de sa robe, et les tigures de ses ministres, des Papes ses successeurs, pauvres, méprisés, bafoués, errants comme le Maître, vinrent se refléter dans la prunelle du regard divin, si morne et pourtant si résigné.
C'était Pierre—qui dormait à quelques pas de là—Pierre chassé de Rome par l'empereur Claude, traqué comme une bête fauve, et crucifié, la tête en bas.
Derrière lui, marchaient Anaclet exilé par Dioclétien, puis Clément I proscrit par Trajan et mourant privé de tout secours dans la ville déserte de Chersonèse :
Corneille enlevé du Saint-Siège par ordre de l’empereur Gallus et martyrisé loin de Rome : Luce I exilé par Valérien et Gallien : Libère emprisonné dans la Thrace par l’empereur Constance : Jean I attiré sous de faux prétextes à Ravenne par le
— 6 — \1 roi Théodoric et n’y trouvant que la mort ) hi «
au fond d’un cachot : Agapet I forcé d'aller mourir à Constantinople par le roi Théodore : Silvère refusant de condamner le concile de Chalcédoine, envoyé par l’empereur Justinien à Patare en Lycie, puis à l’île de Palmaria, pour y périr de faim et de misère : Vigile exilé sept ans par le même empereur et expirant à Syracuse : Martin I chassé par Constant II, bafoué en route, jeté sur un navire, pro.
mené pendant quinze mois de rivage en rivage, d'ile en île jusqu’à Constantinople où il reçoit toutes sortes d’ignominies, puis déporté secrètement dans la Chersonèse Taurique où la mort vient le chercher au milieu de la plus affreuse des misères : Sergius I arrêté par Justinien IT : Grégoire IIT assiégé dans Rome par les iconoclastes : Etienne III obligé de se réfugier en France pour ne pas tomber à entre les mains du farouche roi lombard,
Astolfe : Etienne IV retenu prisonnier
dans la basilique de Saint-Pierre même
par le roi Didier : Léon III tout sanglant
et tout maculé de boue. les yeux crevés, la langue arrachée, et subissant ces tor-
ss du
tures au milieu de Rome, le centre de la catholicité.