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LA PATINEUSE

Belle patineuse intrépide, Glisse sur ton patin rapide, Glisse, voltige et tourne encor I La foule eiithousiaste admire Ta noble pose qui se mire Dans le cristal du port !

De la grève,

D'où s*élève Un cri d*admiration^

Tu t'élances

Et balances La plume ombrageant ton front,

Souriante,

Confiante, Sur tes deux lames d'acier.

Ta tournure,

Leste et sûre.

Semble tous nous défier.

Sur ta trace,

Joyeux, passe L'essaim de nos patineurs ;

Ton pied, vite,

Les évite, Et retient les promeneurs.

Que d'adresse,

De vitesse On déploie à ce concours !

Mais tu voles,

Cabrioles, Et bondis sur le parcours !

Va ! rieuse

Patineuse, Les fatigant jusqu'au soir

Sur mon dme.

Quelle flamme Pétille dans ton œil noir !

LES LAURENTIENNES 'Ji

Toujours prête,

Rien n'arrèl^ Tes triomphes commencés :

Sans mot dire,

Tu peux rire Des amoureux distancés I

Belle patineuse intrépide, Glisse sur ton patin rapide, Glisse, voltige et tourne encor I La foule enthousiaste admire Ta noble pose qui se mire Dans le cristal du port !

décembre 1834.

A UN MUSICIEI4.

Où sont les notes inspirées Dont vous possédez le secret, Pour que nos âmes enivrées Répondent à vos chants dans un accord parfait f

Où trouver Tart qui vous inspire, Qui vous rend fort, terrible et doux ; Où sont les accents pour redire Les divins sentiments qui nous viennent de vous !

Mais non I votre beau privilège N'est pas du ressort d'un mortel.

Retirons la main sacrilège Qui voudrait vainement ravir le feu du ciel !

Contentons-nous d'aimer, de croire Au génie, ardent créateur.

Et d'avoir en notre mémoire L'aimable souvenir de ce rôve enchanteur !

Montréal, 1865.

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