‹ Les LaurentiennesChapitre 35 sur 78 · L'OISEAU D'HIVER · texte numérisé non relu

L'OISEAU D'HIVER

Dans le sapia couvert de neige, Que chantes-tu, petit oiseau ?

Si Tœil de Dieu ne te protège, Tu vas périr sur ce rameau. — Mais non ! Ta gaité calme et pure S'épanchera malgré le froid :

Dans les frimas ou la verdure Tu semblés heureux comme un roi I

Celui qui t'a donné la vie, Sensible à nos revers nombreux, Garde l'être qui chante ou prie Quand viennent les jours rigoureux.

Si trop souvent notre courage Chancelle au souffle du malheur.

C'est que nous maudissons l'orage :

Pourtant l'épreuve a sa valeur I

Petit oiseau, qui sait le nombre Des maux dont chacun doit tribut ?

Il faut voir Tavenir moins sombre Et, confiant, marcher au but !

Des talents que le ciel nous donne Sachons bien connaître le prix :

Sous la branche où ta voix fredonne Les bienfaits de Dieu sont compris.

Les Trois-Rivières, janvier 1866.

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