‹ Les LaurentiennesChapitre 5 sur 78 · LES COLONS · texte numérisé non relu

LES COLONS

Au front d'un rocher qui surplombe

Et regarde les eaux comme un nid de colombe

Se dresse le vieux coq gaulois- Les héros voyageurs ont bâti leurs chaumières Sur ce plateau riant bordé par des frontières

Qui sont les champs de leurs exploits.

Génie aventureux, noble et courageuse âme, Qui couve l'avenir sous son regard de flamme,

Ghamplain, le premier Canadien, Groupe autour du clocher ses compagnons dociles- Et désignant le sol où vont naître des villes

11 leur dit : voilà votre bien !

Alors commence l'ère étrange et solennelle Dont chaque jour revêt une gloire éternelle,

Chaque homme un titre glorieux ! Le pionnier travaillant pour les races futures Jette en son épopée aux larges aventures

Le prestige du merveilleux 1

La main à la charrue et les yeux sur son arme, Prêt à voler terrible au premier cri d'alarme

Vers l'ennemi brave et rusé, Il ouvre avec ardeur le sillon solitaire, Combat, travail et range un nouveau coin de terre

Sous l'étendard fleurdelisé.

De vieux soldats blasés d'une vie héroïque Arrivent triomphants sur ce sol homérique

Et font briller des jours de paix.

La race qui se forme a gagné sa noblesse.

Loin des cours de l'Europe où règne la mollesse

Elle grandit par ses hauts faits.

Déjà le champ s'étale autour de la famille, Les épis mûrs s'en vont tomber sous la faucille,

(Doux fruit d'un travail incessant.) Au foyer qui se peuple est l'Ange d'Espérance, L'avenir ravonnant alerte ! à la défense I

C'est riroquois qui veut du sang !

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