LE FORT DE CHAMBLY
O mon vieux fort, reste debout.
Brave l'abandon et l'orage, Dernier vestige d*un autre âge, Résiste au temps qui détruit tout f Le souffle enivrant des batailles Peut ranimer tes hauts remparts :
C'est un beau champ de funérailles Pour qui défend ses étendards I
Cueillons la fleur qui s'étiole Oubliée au pied des débris !
Mon cœur sait connaître le prix De toute vertu qu'on isole.
Hélas ! un outrageant oubli Entoure la vieille relique I Où donc est la race héroïque Des défenseurs du Fort Ghambly ?
LKS LAURBNTIEKNES
Près du torrent couvert d'écume Qui gronde son chant cadencé, Mon enthousiasme s'allume Au souvenir de son passé !
Cueillons la fleur qui s'étiole Oubliée au pied des débris !
Mon cœur sait connailre le prix De toute vertu qu'on isole.
Au temps où les fiers Iroquois, Poussés d'une ardeur sanguinaire, Apparaissaient sur la rivière Avec la hache et le carquois, Ses murs à ces farouches maîtres Savaient commander le respect; Les ennemis de nos ancêtres Tremblaient de peur à son aspect.
Cueillons la fleur qui s'étiole Oubliée au pied des débris I Mon cœur sait connaître le prix De toute vertu qu'on isole.
s 3 8 POESIBS
Témoin des combats, des exploits Qui firent jadis notre gloire, Il me rappelle la mémoire Du sang répandu pour nos droits.
Oh ! de nos nobles origines Aimons les berceaux glorieux :
Sur les tombeaux, dans les ruines Est le culte des fils pieux !
Cueillons la fleur qui s'éliole Oubliée au pied des débris ! Mon cœur sait connaître le prix De toute vertu qu'on isole.
Là furent les germes sacrés D'où sortirent nos destinées ; Malgré la trace des années, Qu'ils-soient à jamais vénérés î Que l'ardente foi de nos pères, Leur courage au sein du danger, Dans la paix, les crises, les guerres^ Subsiste pour nous protéger I
Cueillons la fleur qui s'éliolo Oubliée au pied des débris !
Mon cœur sait connaître le prix De toute vertu qu'on isole.
Canadien, pour d'autres combats, Ton intelligence s'apprèle.
Ne laisse point courber ta tète, Ne laisse point fléchir ton bras !
Contemple en ton Âme attendrie La grandeur de tes anciens jours.
Il fut un temps où la patrie Sans partage avait tes amours !
Cueillons la fleur qui s'étiole Oubliée au pied des débris !
Mon cœur sait connaître le prix De touto vertu qu'on isole.
septembre 1867.
IMITÉ DE L* ANGLAIS DB CABROLL RTAV.
Je chanle seulement l'objet de mon amour,
Sans peser Téloge ou le blâme
Par le froid d'un sourire attachés tour-à-tour
Sur mes vers, qu'il faut voir et comprendre avec
[r&me.
Mais Tamant ou le malheureux Trouvent joie en ma poésie, Car c'est toujours, toujours pour eux Que chante ma mélancolie !
Je ne veux point courber mon esprit vers le sol
Où régnent les dégoûts du monde.
Ni le suspendre aux yeux, ni lui donner son vol Vers ceux que je méprise en leur âme inféconde.
J'ai mon royaume dans le ciel, Ce foyer de l'amour suprême, Et loin d'un monde artificiel Je chante pour ceux-là que j'aime !
octobre 1867.