SOUVENIR DU BANQUET DU 26 AOUT
Doux souvenir ! aimable fête !
Tant d'amitié, tant de plaisir, C'est beaucoup pour ma pauvre tête Que la vanité peut saisir.
Oh 1 plutôt, partageons la croyance féconde Qu'une idée s'est formée au souffle inspirateur Qui fait de ce banquet, nouveau dans notre monde Une œuvre d'avenir au prélude enchanteur !
Vous avez dit : " Fils de la France, " Fils d'Albion — vrais Canadiens, " Vivant d'une même espérance, •' Le pays n'a pas trop des siens.
1 Un grand nombre d*amis, presque tous d'origine anglaise, parmi lesquels se trouvaient des littérateurs et des membres du clergé, se réunirent à Ottawa, sous la présidence du regretté M. Friel. Maire d'Ottawa et ancien journaliste, et donnèrent un banquet d'adieu àiVI. Suite, lors de sou départ, après deux années de séjour dans la capitale. — Note de l'Éditeur»
** Travailleurs de la plume, isolés de la foule, «'Sachons mieux nous connaître et nous aimer un jour. " Pour sa langue et pour Part, si chacun a son moule. ** Notre pensée est une et vit d'un même amour!
" Un seul amour pour la Patrie, " Un môme bras pour la servir ; " Un seul drapeau qui nous rallie " Pour les luttes de l'avenir I
** Marchons avec courage au but qu'il faut atteindre, " Nos deslins sont communs en leur diversité. " Toute injuste clameur, tout soupçon doit s'éteindre : '* Chacun garde sa part au sein de Tunité.
" Héritiers de deux nobles races, " Respectons les jours d'autrefois " Et n'en effaçons que les traces " Que ne connaissent point nos lois.
" Pour prêcher l'union, pour la mettre en pratique, <* L'écrivain, le poète, a des moyens puissants : ■ A lui le feu sacré, l'élan patriotique « Dans le travail aimé de ses livres naissants !
^* Le pouvoir de l'intelligence ** Est le seul durable ici-bas ; " Il gouverne dans l'indigence, ** Il s'afTermit dans les combats.
^* Vous qui savez chanter les vertus de nos pères, ** Vous dont la pliime d'or vaut le sceptre des rois, ** Bardes du Canada, puisque vous êtes frères, ** Descendez dans l'arène au nom des mômes droits ^
" Rapprochons-nous, car notre tâche ** Se divisant par la moitié, " Il faut nous prêter sans relâche " Le double effort de l'amitié 1 "
Ce désir est un œuvre, et vous l'avez fait naître I Ne retenons jamais nos cœurs prêts à s'unir:
Les hommes d'aujourd'hui gagnent à se connaître. J'en garderai toujours Paimable souvenir I