MES OEILLETS
Mes beaux œillets à longue tige, Pliant sous le fardeau des fleurs, Ne perdraient rien de leur prestige Même auprès des roses leurs sœurs !
C'est qu'à tout l'éclat des plus belles, Il joignent les mômes attraits ; Ils sont encore au milieu d'elles Dignes d'embaumer un palais !
Petits et grands, ponceaux et roses, Les panachés, les cramoisis.
Chacun de formes et de poses Variant comme de pays.
Combien j'aime à les voir encore Se balancer au vent du soir.
Ou, sous le soleil qui les dore, Se dresser comme un encensoir î
1 Musique de M. Gustave Smith.
Je les cultive avec délices.
Soins et rayons ne manquent pas.
Vient le printemps, j'ai les prémices De leurs parfums si délicats.
A combien d'amoureux messages N'ont-ils pas servi tous les ans, Lorsqu'ils brisent leurs verts corsages Pour apparaître éblouissants !
Les Trois-RivièreB, 1862.