‹ Les Laurentiennes [microforme]Chapitre 4 sur 101 · L'ÉVANGILE · texte numérisé non relu

L'ÉVANGILE

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Ils viennent des rives de France,

Du pays des Rois Très-Chrétiens,

Plus dévoués à la souffrance,

A leur Dieu qu’à tous autres biens.

Vaillants marins, cœurs intrépides, Courant les mers pour le danger, La Providence en fait les guides, Les défenseurs forts et rapides

De la croix qu'ils doivent planter!

Quel contraste unique et sublime Offrent ces conquérants nouveaux !

Quel sujet d'orgueil légitime

Pour l'honneur de nos vieux drapeaux !

L’Espagnol fond sur l'Amérique,

Les Incas sont persécutés,

Montézuma tombe au Mëxique,

Les peuples ont le sort tragique Qu'ordonnent Pizarre et Cortez.

Mais eux, ces fils de la vaillance, Ne sont. point des persécuteurs !

Ils n’apportent que leur croyance Et des arts civilisateurs.

L'aspect de ces forèts sauvages Est moins sombre que l'avenir, N'importe ! à de pareils courages Sont réservés les grands crages :

Ils vont triompher et mourir !

Tout s’efface dans cette lutte Devant l'âme qu'il faut sauver.

L'Indien dans sa pauvre hutte Croit au Dieu qui vient l'y trouver.

Les torrents n'ont plus de barrières ; L'hiver, de rigoureux climats ;

Les antres des bois, de tanières ; Les flots des lointaines rivières

Ne sauraient arrêter leurs pas !

Bientôt l'esprit de l'Evangile

À soufflé de l'Est au Couchant,

Sa parole tendre et fertile

Les joint dans un accord touchant,

Par ce transport irrésistible

Rempli de charmes inconnus

La Foi domine, humble et paisible:

Quand retentit un cri terrible :

Les jours d'épreuves sont venus!

La lâche trahison éclate

Ainsi qu’un ouragan de feu.

Aux passions que lorgueil flatte:

Les cruautés ne sont qu’un jeu.

Le Français pris à l’embuscade Recoit la mort en combattant,

Et la hideuse mascarade

Courant de bourgade en bourgade:

Éteint sa rage dans le sang.

Reculant les bornes du monde.

Au delà du Meschacébé,

La Charité sème et féconde

Le champ où l'upôtre est tombé.

Qu'il porte ou non la robe noire Béni-soit le lieu du tourment:

Sa mort laisse un fruit de victoire ?

Le premier mot de notre histoire Est un long cri de dévouement.

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