LA GUERRE
“ Partout, partout, dans la forêt sonore «“ Le cri de guerre a reienti là-bas!
« C'est l’[roquois ! c’est lui qui vient encore ‘“ Lever sur nous la hache des combats!
‘“ Allons Français ! défendons le rivage ‘ Conquis déjà par le prêtre et la croix !
‘ Pour étonner les hommes d'un autre âge « Allons frapper l'ennemi dans ses bois!
‘« Le St. Laurent se couvre des flottilles ‘ Que les grands chefs conduisent contre nous.
“ Des lacs lointains et des déserts tranquilles
‘“ Les enchanteurs tirent les ranitous.
6 — Oui, guerre aux blanss ! La mort ou l'esclavage ‘ Qu'ils soient traqués tel qu'un cerf aux abois
& —Allons Français! prompt à venger l'outrage,
“ Nos chants vainqueurs planeront sur les bois!
‘ Quel tourbillon ! quel but choisit ma balle ? « L'homme sauvage et rempli de fureur,
“ De toutes parts fond comme la rafale
‘“ Sur le colon qui l'attend sans frayeur !
‘ Adresse et ruse, cu vaillance et courage ‘“ Arment les blancs et vident les carquois.
«< RAR TE Se ee de ne
‘# Français debout ! le bûcher du Sauvage
‘ Brille déjà sur le bord des grands bois !”?
Lxs vieux débris des phalanges guerrières 4 Prennent soudain leur redoutable aspect, 3 Leurs rangs serrés, leurs armes meurtrières, Portent la mort aux fils de la forêt.
Quand ia valeur enfante des miracles
La peur saisit les läches Iroquois;
Ils sont vaincus en dépit des oracles
Et leurs sachems sont tombés sous les bois!
Oui, voilà notre histoire à grands traits esquissée, Comme la voient souvent mon cœur et ma pensée Dans les nobles récits qui parlent des Anciens ! Lors, je laisse au regret s’abandonner mon âme, Car je voudrais graver ces mots en traits de flamme Au cœur de tous les Canadiens :
Nous, enfants qui vivons en destemps plus prospères,
Mais que le ciel réserve à de nouveaux combats,
Souvenons-nous toujours de ce qu’étaient nos pères : Prêtres, laboureurs et soldats !
Juin 1864,
MES ŒIiLLETS.1
Mes beaux œillets à longue tige, Pliant sous ie fardeau des fleurs,
Ne perdraient rien de leur prestige Même auprès des roses leurs sœurs !
C’est qu’à tout l'éclat des plus belles, Il joignent les mêmes attraits ;
Ils sont encore au milieu d’elles Dignes d'embaumer un palais!
Petits et grands, ponceaux et roses, Les panachés, les cramoisis, Chacun de formes et de poses Variant comme de pays,
Combien j'aime à les voir encore
Se balancer au vent du soir,
Ou, sous le soleil qui les dore,
Se dresser comme un encensoir !
| 1 Musique de M, Gustave Smith,
Les Trois-Rivières, 1862,
Je les cultive avec délices.
Soins et rayons ne manquent pas. Pie Vient le printemps, j'ai les prémices De leurs parfums si délicats.
À combien d'amoureux messages N'ont-ils pas servi tous les ans, Lorsqu'ils brisent leurs verts corsages Pour apparaitre éblouissants !