LE FORT DE CHAMBLY
O mon vieux fort, reste debout, Brave l’abandon et l'orage, Dernier vestige d’un autre âge, Résiste au temps qui détruit tou. !
Le souffle enivrant des batailles Peut ranimer tes hauts remparts :
C’est un beau champ de funérailles Pour qui défend ses étendards!
Cueillons la fleur qui s’étiole Oubliée au pied des débris!
Mon cœur sait connaître le prix De toute vertu qu'on isole.
Hélas ! ur outrageant oubli Entoure la vieille reliquel!
Où donc est la race héroïque
Des défenseurs du Fort Chambly ?
Près du torrent couvert d'écume Qui gronde son chant cadencé, Mon enthousiasme s'allume
Au souvenir de son passé !
Cueillons la fleur qui s’étiole Oubliée au pied des débris!
Mon cœur sait connaitre le prix De toute vertu qu’on isole.
Au temps où les fiers Iroquois, Poussés d’une ardeur sanguinaire, Apparaissaient sur la rivière Avec la hache et le carquois,
Ses murs à ces farouches maitres Savaient commander le respect ; Les ennemis de nos ancêtres Tremblaient de peur à son aspect.
Cueïllonis la fleur qui s’étiole Oubliée au pied des débris!
Mon cœur sait connaitre le prix De toute vertu qu'on isole.
Témoin des combats, des exploits Qui firent jadis notre gloire,
Il me rappelle la mémoire
Du sang répandu pour nos droits.
Oh! de nos nobles origines Aimons les berceaux glorieux :
Sur les tombeaux, dans les ruines Est le culte des fils pieux !
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Gueillons la fleur qui s’étiole:
Oubliée au pied des débris!
Mon cœur sait connaitre le prix De toute vertu qu'on isole.
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Là furent les germes sacrés
D'où sortirent nos destinées ; Malgré la trace des années,
Qu'ils soient à jamais vénérés !
Que l’ardente foi de nos pères, Leur courage au sein du danger, Dans la paix, les crises, les guerres, Subsiste pour nous protéger!
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Cueillons la fleur qui s’étiole Oubliée au pied des débris!
Mon cœur sait connaître le prix De toute vertu qu’on isole.
Canadien, pour d’autres combats, Ton intelligence s'apprête.
Ne laisse point courber ta tête, Ne laisse point fléchir ton bras!
Contemple en ton âme attendrie La grandeur de tes anciens jours.
Il fut un temps où la patrie
Sans parlage avait tes amours!
Cueillons la fleur qui s’étiole Oubiiée au pied des débris!
Mon cœur sait connaitre le prix De toute vertu qu’on isole,
septembre 1867.
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