A MON AMI J. A. N. PROVENCHER
Entrez ! Je cherchais une rime Pour l’accoupler avec ‘ drapeau. ” Depuis une heure je m’escrime.
Placez donc là votre chapeau.
Voici le coin que je vous livre.
Prenez bien garde à mon bouquin!
.… Un siége ?.… Là, sur ce gros livre.
Voici les journaux du matin.
Ma chambre, c’est un sanctuaire Où les profanes n’entrent pas!
Si vous y dirigez vos pas Respectez mon tic d’insulaire, Rien ne s’y gouverne au compas.
Dans cet amas de paperasses Gardez-vous de mettre le doigt!
Le fatras poudreux de ces casses, Ce ‘ beau désordre, ” c’est ma loi.
Un coffre, un panier, la commode, Regorgent de papiers divers ; Le lit cède à la même mode:
Je dors sur Gœthe et l'Univers.
Ma chambre, c’est un sanetuaire Où les profanes n’entrent pas!
Si vous y dirigez vos pas Repectez mon tic d’insulaire, Rien ne s’y gouverne au compas.
Le taudis semblerait étrange, Voire même un peu délabré.
Qu'importe, eu fond, puisqu'il arrange Les fils du bataillon sacré !
Prosateurs, rimeurs, on s’assemble Deux, trois, quatre, et cinq au besoin, Et comme on s’aime on se ressemble.
Nous n’y méttons pas tant de soin!
Ma chambre, c’est un sanctuaire Où les profanes n’entrent pas!
Si vous y dirigez vos pas Respectez mon tic d’insulaire, Rien ne s’y gouverne au compas.
L’é.é, Muse, à la promenade, Que de refrains j'ai complétés —
L'hiver, en bonne camarade,
Tu te cloîtres à mes côtés.
Voltige, fée, Ô ma maitresse, Autour de ton amant rêveur:
Ton aile chasse le tristesse,
Ta présence est tout mon bon’.eur !
Ma chembre, c’est un sanctraire Où les profanes n’entrent pas !
Si vous y dirigez vos pas Respectez mon tic d'insulaire, Rien ne s’y gouverne au compas.
Ottawa, octobre 1867.