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Les Laurentiennes: poesies

Il en est du cours de la vie Comme de celui d'un torrent, Dont le flot coule, enfle ou dévie, Et qui s"en va toujours courant.

Qu"il glisse à ti^avers un bocage, De suite il en revêt réclat, Mais ces splendeurs, ce doux mirage Ne sauraient le suivre au delà.

Si dans la plaine solitaire Il roule paisible en son lit, Sa course, inutile, éphémère. S'arrête au fleuve... dans Toubli.

Mais qu'une main ferme et prudente- Guide ses caprices naissants, Sa force, contenue, augmente Et s'élance en jets bondissants !

C'est le travail, c'est l'industrie, La victoire de la raison ; C'est an présent qu'à la patrie Un ouvrier fait en son nom !

Mes premiers vers m'ont fait connaître La bienveillante autorité De celui qui devint mon maître Et me rendit force et gaité.

Car les rêves de mon enfance Etaient restés sur le chemin Et je sentais fuir l'espérance Lorsqu'un jour je touchai sa main.

Dirigeant ma course nouvelle, Sa voix me parla d'avenir.

Depuis, à ses leçons iidèle, J'ai lutté sans jamais faiblir

Honneur à celui qui, d'avance, Prête ce généreux soutien.

Et dont la noble intelligence Comprend, désire et fait le bien !

Je lui devrai, quoiqu'il arrive, Les souvenirs de mon début.

Si je m'écarte de la rive, Son doigt m'indiquera le but.

Maintenant la voie est tracée.

Ce livre appartient au lecteur, Je lui donne, dans ma pensée,

L'égide de mon protecteur.

Aux Trois-Rivières. 21 octobre 1S69.

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