LA PATINEUSE
Belle patineuse intrépide, Glisse sur ton patin rapide, Glisse, voltige et tourne encor!
La foule enthousiaste admire Ta noble pose qui se mire Dans le cristal du port 1
De la grève,
D'où s'élève Un cri d'admiration^
Tu t'élances
Et balances La plume ombrageant ton front.
Souriante,
Confiante, Sur tes deux lames d'acier.
Ta tournure,
Leste et sûre.
Semble tous nous défier.
Sur ta trace,
Joyeux, passe
L'essaim de nos patineurs ;
Ton pied, vite,
; Les évite,
' Et retient les promeneurs.
Que d'adresse,
De vitesse
On déploie à ce concours !
Mais tu voles.
Cabrioles,
Et bondis sur le parcours !
Va ! rieuse
Patineuse,
Les fatigant jusqu'au soir !. .
Sur mon âme,
Quelle flamme
Pétille dans ton œil noir !
Toujours prête,
Rien n'arrête Tes triomphes commencés :
Sans mot dire,
Tu peux rire Des amoureux distancés !
Belle patineuse intrépide, Glisse sur ton patin 'rapide, Glisse, voltige et tourne encor !
La foule enthousiaste admire Ta noble pose qui se mire Dans le cristal du port !
décembre 1851.