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LES PIONNIERS

J'aime les souvenirs évoqués par riiistoire,

Oiî le patriotisme, endormi de nos jours,

Se ranime soudain à ce loyer de gloire

Et rouvre au sein du peuple un champ pour ses amours

Portons vers les aïeux un regard salutaire.

Ilélas ! dans notre orgueil habile à nous complaire.

Il arrive souvent que nous les oublions !

Notre passé réclame un reflet populaire,

Enseignons l'avenir par nos traditions :

Consultons le passé, gardons ncs mœurs austères. Car la grandeur s'allie à la simplicité. Demeurez parmi nous, vertus héréditaires : Travail, contentement, franchise, aménité !

L'EVAXGILE.

Ils viennent des rives de France, Du pays des Rois Très-Chrétiens, Plus dévoués à la souffrance, A leur Dieu qu'à tous autres biens.

Vaillants marins, cœurs intrépides, Gourant les mers pour le danger, La Providence en fait les guides, Les défenseurs forts et rapides De la croix qu'ils doivent planter !

Quel contraste unique et sublime Offrent ces conquérants nouveaux !

Quel sujet d'orgueil légitime Pour riionneur de nos vieux drapeaux L'Espagnol fond sur TAmérique, Les Incas sont persécutés, Montézuma tombe au Mexique, Les peuples ont le sort tragique Qu'ordonnent Plzarre et Gortez.

Mais eux, ces fils de la vaillance, Ne sont point des persécuteurs !

Ils n'apportent que leur croyance Et des arts civilisateurs.

L'aspect de ces forêts sauvages Est moins sombre que l'avenir, N'importe ! à de pareils courages Sont réservés l«^s grands orages :

Ils vont triompher et mourir !

Tout s'elTace dans cette lutte Devant Tàme qu'il faut sauver.

L'Indien dans sa pauvre hutte ■Croit au Dieu qui vient l'y trouver.

Les torrents n'ont plus de barrières ; L'hiver, de rigoureux climats ; Les antres des bois, de tanières ; Les flots des lointaines rivières Ne sauraient arrêter leurs pas !

Bientôt l'esprit de l'Évangile A soufflé de l'Est au Couchant, ^Sa parole tendre et fertile Les joint dans un accord touchant.

Par ce transport irrésistible Rempli de charmes inconnus La Foi domine, humble et paisible.

Quand retentit un cri terrible :

Les jours d'épreuves sont venus !

La lâche trahison éclate Ainsi qu'un ouragan de feu.

Aux passions que l'orgueil flatte Les cruautés ne sont qu'un jeu.

Le Français pris à l'embuscade Reçoit la mort en combattant, Et la hideuse mascarade Courant de bourgade en bourgade Éteint sa rage dans le sang.

Reculant les bornes du monde

Au delà du Meschacébé,

La Charité sème et féconde

Le champ oi!i l'apôtre est tombé.

Qu'il porte ou non la robe noire

Béni-soit le heu du tourment :

Sa mort laisse un fruit de victoire !

Le premier mot de notre histoire

Est un long cri de dévouement.

LES COLOXS.

Au front d'un rocher qui surplombe

Et regarde les eaux comme un nid de colombe

Se dresse le vieux coq gaulois.

Les héros voyageurs ont bâti leurs chaumières Sur ce plateau riant bordé par des frontières

Qui sont les champs de leurs exploits.

Génie aventureux, noble et courageuse âme, Qui couve l'avenir sous son regard de flamme,

Champlain, le premier Canadien, Groupe autour du clocher ses compagnons docile: Et désignant le sol où vont naitre des villes

Il leur dit : voilà votre bien !

Alors commence l'ère étrange et solennelle Dont chaque jour revêt une gloire éternelle,

Chaque homme un titre glorieux !

Le pionnier travaillant pour les races futures Jette en son épopée aux larges aventures

Le prestige du merveilleux !

La main à la charrue et les yeux sur son arme, Prêt à voler terrible au premier cri d'alarme

Vers l'ennemi brave et rusé, Il ouvre avec ardeur le sillon solitaire, Combat, travail et range un nouveau.coin de terre

Sous l'étendard fleurdelisé.

De vieux soldats blasés d'une vie héro'ique Arrivent triomphants sur ce sol homérique

Et font briller des jours de paix.

La race qui se forme a gagné sa noblesse. Loin des cours de l'Europe où. règne la mollesse

Elle grandit par ses hauts faits.

Déjà le champ s'étale autour de la famille. Les épis mûrs s'en vont tomber sous la faucille,

(Doux fruit d'un travail incessant.) Au foyer qui se peuple est l'Ange d'Espérance, L'avenir rayonnant alerte ! à la défense !

C'est riroquois qui veut lu sang!

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