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PENSEE DE TROIS PROMENEURS

ÉCRITE DANS l'aLBUM DE MLLE A. B.

Nous étions trois sur le chemin, Le chemin qui mène aux prairies, Nous marchions nous donnant la main Et poursuivant nos causeries.

Un nom, prononcé par hasard.

Venait d'éveiller nos pensées, Etj^chacun, invoquant son art.

Les avait sitôt exprimées :

Le premier les voulut chanter.^ C'était^un air suave et tendre Que souvent j'aime répéter, Qu'à tout propos je veux entendre.

Le deuxième, ouvrant son carnet. Fixa sa pensée et l'image, Qui, sous le crayon, trait pour Irait, Apparut dans la blanche page.

Plus loin, en traversant le bois, Toujours épris de notre thème.

Nous tombâmes d'accord tous trois Sur un point qui s'offrait lui-même :

Avec le peintre et le chanteur, ^'enait la tâche du poète.

Nos amis réclamaient en chœur Quelques accents de ma musette.

Douce était la tâche, ma foi !

Quand on parle d'elle on s'inspire.

Tous trois nous subissons sa loi :

Mes vers sauront bien le lui dire '

Ainsi, j'ai rimé ces couplets

Qui s'alignent sans discipline.

Je conviens qu'ils sont durs et laids —

Moins le dernier vers, Angéline,

septembre 1867.

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