‹ Les Laurentiennes: poesiesChapitre 54 sur 79 · IMITE DE L ANGLAIS DE MLLE. M IVER · texte numérisé non relu

IMITE DE L ANGLAIS DE MLLE. M IVER

Un par un, les voilà qui rentrent dans le port,

Ces navires chers à nos grèves ; Un seul ne revient pas : il vogue dans nos rêves, Emportant le bonheur que déroba le sort.

Cependant pour l'attendre au foyer, l'Espérance

Poursuit sa veille nuit et jour; Et bien souvent, des yeux de l'anxieux Amour, Des larmes, vainement, jaillissent en silence.

Elle n'a pas soufflé, peut-être que jamais

Elle ne soufflera la brise Qui chasse des écueils oiî le marin se brise. Cette voile, étrangère à nos bords désormais !

Ils reviennent de loin tous ces nobles navires.

Chargés de riches cargaisons- Un seul reste là-bas, aux sombres horizons— Pourtant, ô triste cœur, c'est lui que tu désires !

A quoi bon les trésors qu'ils nous apportent tous ?

C'est une amère raillerie :

L'océan sans remords arrache à notre vie Un bien plus précieux que l'or et les bijoux !

Ainsi nous apprenons toute humaine science

Par le froid désappointement!..

Que fait notre sagesse en ce cruel moment ? Elle semble du temps n'avoir pas conscience.

Un par un, nos instants vont à l'éternité ; L'homme s'attache à ce qui passe, Et guette à travers l'orbe immense de l'espace Le rêve qui jadis fut la réalité !

Un par un, dans le port rentre enfin d'heure en heure

Chaque gaUon attendu — Pour ramener l'Amour depuis longtemps perdu, Nul ne vient s'arrêter au seuil de ma demeure I

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