‹ Les Laurentiennes: poesiesChapitre 72 sur 79 · SUR LA MORT DE SON ENFANT · texte numérisé non relu

SUR LA MORT DE SON ENFANT

C'est moi qui vous chantais naguère, Au temps joyeux de vos amours Et qui dans votre peine amère Vous suit et vous chante toujours.

Yous consoler m'est impossible, La blessure est trop vive encor ; Mais qui resterait insensible Devant ce brutal coup du sort?

Laissez-donc ma douleur amie Se rapprocher un peu de vous :

Aux heures sombres de la vie Le cœur a des accents si doux!

Il est au terme de sa route L'ange qui tenait dans vos bras.

Au fond de la céleste voûte Il prie et protège vos pas.

Et vous le regrettez, ô mère, Comme s'il invoquait vos soins Dans ce monde de la lumière Où. l'on ignore nos besoins.

Versez vos douleurs dans les nôtres.

Le mal qu'on partage est moins fort, Et puisez dans le cœur des autres Du courage contre le sort.

Ce dur chemin de l'existence, Nous ne pouvons le parcourir Qu'en épanchant notre souffrance Dans les cœurs qui savent souffrir !

Page 1