‹ Les lavandieres de Santarem operacomique en trois actesChapitre 15 sur 71 · ACTE I, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IX

MARGAR'.DA.

PREMIER COUPLET

J’ai des amis, j'ai des compagnes Que je chéris comme des sreurs,

Dont je partage, en nos campagnes.

Et les plaisirs et les labeurs;

Je suis heureuse, oui, bien heureuse...

Pourtant, hélas ! lorsqu'au matin Je vois passer sur (e chemin

• L’enfant d’une pauvre Hleuse Que sa .mère embrasse joyeuse.

Je me dis, le cqsur plein d’émoi :

Je suis heureuse, oui, bien heureuse...

Mais l’humble fils de la (lieuse Est encor plus heureux que moi.

DEUXIÈME COUPLET

Quand je désire pour la danse El des rubans et des joyaux.

On me donne de préférence

• Les plus brillants et les plus beaux.

Je suis heureuse, oui, bien heureuse. ,

Mais quand je vois couler les pleurs D’un père, au chevet de douleurs D’Inès, la pauvre moissonneuse Dont il presse la main fiévreuse.

Je me dis, voyant tant d’effroi :

Je suis heureuse, oui, bien heureuse...

Et pourtant la pauvre glaneuse Est plus heureuse encor que moi !

LE DUC, avec émotiun.

Éloignez ces tristes pensées, mon enfant, continuez à- grandir en vertu, comme vous croissez en beauté, et bientôt je m’occuperai de votre bonheur.

MAI1GARIDA.

Merci, Monseigneur.

LE DUC

Au revoir, Margarida.

margaiuda. *

Au revoir, Excellence. (Elle s’approche du duc.)

PABLO, s’essuyant les yeux.

Pauvre petite!... (Leduc embrasse Margarida au front. — Se retournant au bruit du baiser.) Hein? qu’est-ce qui embrasse ma f....? ah! non!... ce n’est .pas elle!... (Margarida sort par la gauche.)

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