SCÈNE III
MANOEL, MARGAR1DA.
manoel.
Chère Margarida, dans un instant, il faudra me séparer de vous.
margarida.
Il est donc vrai, Manoel, vous partez?
MANOEL
Le régiment vient de recevoir l’ordre de se rendre à Évora, sur la frontière... il faut obéir... mais vous me promettez de penser quelquefois à moi, n’est-ce pas? de me garder votre coeur?
Et vous , Monsieur, ce grade que vous m’aviez promis d’obtenir?
MANOEL
Ce grade?...
MARGARIDA.
Ah! dam! je ne suis qu'une pauvre petite Lavandière, une orpheline élevée parla charité du village... mais j’ai de l’ambition, et je ne veux épouser... qu’un sergent, pour le moins.
MANOEL
Sergent!... je le deviendrai.
MARGARIDA , souriant.
Voilà bien longtemps que vous me dites cela!...
MANOEL
Et j’ai tenu parole.
MARGARIDA.
Vous?...
' MANOEL
Je l’ai même tenue deux fois, ma parole; car deux fois j’ai été nommé.