ACTE III, SCÈNE XII
MANOEL
Moi !
MARGARIDA.
Toi!... cruel !... sans songer à mes I ntnes. Sans songer, mortelles alarmes.
Qu’un même coup, nous frapperait lous deux!
MANOEL
Mais veux-tu donc, ô sort affreux,
Que je sois dégradé devant mes frères d’armes. Songe qu’avant une heure, on viendra me flétrir;
Il le faut, oui, je dois mourir!
MARGARIDA.
Le roi pardonnera!
MANOEL
Jamais!
Par ma prière.
Par mes pleurs, je le fléchirai.
MANOEL
11 m’a fait une grâce... et c’était la dernière,
Il l’a promis, il l’a juré.
MARGARIDA
Mon Dieu! mon Dieu! que ta bonté m’éclaire!
Mes efforts sont-ils superflus!
N’est-il donc plus d'espoir?...
MANOEL
Non, non, il n’en est plus!
Car l'heure va sonner!... notre amour doit se taire!.. Cesse de t’opposer à mon fatal dessein :
Laisse-moi t’embrasser, te presser sur'mon sein.
Ah ! que ton cœur me les pardonne.
Ces pleurs que rien ne peut payer!
Et ce baiser que je te donne,
Margarida, c’est le dernier!
MARGARIDA.
Ah! le courage m’abandonne!
Faudra-t-il en vain supplier?
Et ce baiser que je lui donne,
Mon Dieu! sera-t-il le dernier?
Adieu !
MARGARIDA.
Non! non! tu ne partiras pas!
Avec toi, je veux les atteudre,
Qu’ils viennent, à mon tour, je saurai te défendre! Rien ne pourra t’arracher de mi s bras!
MANOEL
Ah! ne me retiens plus, de grâce!
Car chaque minute qui passe De la honte pour moi, rapproche les instants. Bientôt, hélas! il ne sera plus temps!
ENSEMBLE
MANCEL
Adieu ! que ton cœur me pardonne.
Ces pleurs que rien ne peut payer!
Que ce baiser que je te donne,
Margarida, soit le dernier.
MARGARIDA.
Oh! le courage m’abandonne Fandra-t-il en vain supplier?...
Ce baiser, qu’eu pleurant je donne.
Mon Dieu! sera-t-il le dernier!
(On entend sonner l’heure.)
MANOEJ..
L’heure! adieu!
(il va pour s’élancer dehors; mais en ce moment un chant militaire retentit au loin. C’est celui que le régiment chantait au premier acte. Manoel s’arrête, au comble de l’étonnement.)
Qu’cntends-je! est-ce uu rêve?...
Cet air qui retentit là-bas.
C’est l’air de Santarem!
MARGARIDA.
Que dis-tu?
(Tombant à genoux.)
Ciel! açbèye '•
MANOEL
Ah! mes yeux, ne me trompent-ils pas?
Mais non, sur cette place.
Ces tambours, ces soldats... cet étendard levé...
Co régiment qui passe...
C’est mon régiment!...
MARGARIDA, jetant un cri de joie et tombant à geu'qx.
Ah! merci, mop Pieu!... sauvé!...
ENSEMBLE
MARGARIDA.
Surprise extrême!
Jusqu’à Dieu même Mon cri suprême Est arrivé!
Plus de souffrance!
O Providence!
Dans ta clémence ,
Tu l’as sauvé !
MANOEL
Surprise extrême !
Jusqu’à Dieu même „ Tou cri suprême
Est arrivé!
Plus de souffrance !
O Providence !
Dans ta cl’émence ,
Tu m’as saqv£!