INTRODUCTION
Il est bien vrai qu’en France plus qu’en tout autre pays le ridicule tue. Le « Grand Siècie » fut l’âge d’or du lavement et la « clystomanie » sévit à cette époque à un degré que nous parvenons difficilement à concevoir aujourd’hui. À cel engouement devait succéder une désaffecition non moins profonde. Molière avec son malade imaginaire contribua, plus que tous les moralistes, à porter au lavement un coup terrible, dont celui-ci ne se releva jamais complètement. Le lavement alimentaire lui-même fut emporté dans la tourmente et la réaction dépassa son but. |
De nos jours encore, beaucoup de médecins le considèrent comme une pratique vieillotte qui a fait son temps. D’autres, partagés entre les avis contradictoires dont le lavement alimentaire est l’objet, professent à son égard un scepticisme de bon aloi. C’est une attitude regrettable.
Le lavement alimentaire n’a pas répondu, il est vrai, à tous les espoirs qu’on avait fondés sur lui, mais il mérite de conserver une place importante dans la thérapeutique moderne. Les dernières acquisitions de la physiologie et de la chimie digestive permettent
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d'espérer que cette place s’accroîtra encore et qu’un jour nous parviendrons à une formule de lavement alimentaire susceptible de rendre au praticien tous les services qu’il est en droit d’en attendre.