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Nous en parlerons plus loin

3. Je pourrais analyser bien d'autres textes italiens où l'on voit pareillement des chroniqueurs i-ecourir à des sources historiques authentiques pour y enchâsser des légendes de chansons de geste : Le Panthéon de Godefroy de Viterbe par exemple (Muratori, Reruni italicaruni scriptores, t. VII, p. 406 , — ou le Manipulas ftoruni (Muratori, t. XI, p. 600) qui combine le texte de Godefroy de Viterbe avec la Vila sanctoriim Amici et Amelii; — ou le Chronicon fir/a?tanum (Muratori, t. XIV, p. 8rj0), qui raconte lui aussi la bataille de Mortara, et qui connaît la chanson de geste franco-italienne de la PW.se de Pampelune. Mais je veux m'en tenir ici aux chroniqueurs qui se fondent sur la Vita Hadriani.

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que l'histoire lég-endaire d'Ogier procède, elle aussi, de la 17/rt Hadriani']

Si le lecteur veut liien considérer, à la page suivante, le tableau synoptique où j'ai résumé ce qui précède, il lui apparaîtra que toutes les chroniques qui relatent deslégendes sur Désier ont exploité la Vita Hadriani, et qu'aux mêmes pages où la Vita Hadriani parle de Désier, elle parle aussi de son satellite Ogier, et rapporte d'Ogier tout ce que, par la suite, les auteurs des chansons de geste diront de véridique sur ce personnage. Dès lors, ne suis-je pas en droit de supposer que les auteurs des chansons de geste ont exploité, eux aussi, la Vita Hadriani ? Supposition qui serait absurde assurément, si je me représentais des poètes français, qui, au fond de la Picardie ou de la Champagne, auraient compulsé la Vita Hadriani pour y chercher des sujets de romans ; mais supposition moins téméraire, si je me représente des jongleurs français venus en pèlerinage sur la route de Pavie, et qui chantent à Mortara la légende des saints Ami et Amile, et qui apprennent quelques renseignements sur Désier et sur Ogier des clercs de Saint-Albin de Mortara et de Pavie, tous clercs intéressés à lire et à exploiter la Vita Hadriani et qui, nous l'avons vu, lalisaientet l'exploitaient en effet. Et ma supposition semblera, j'imagine, de moins en moins téméraire à mesure que l'on verra plus clairement qu'il faut choisir entre elle et l'hypothèse romantique et fantastique, selon laquelle des « cantilènes tudesques et romanes » du viii'' siècle, auraient perpétué à travers les âges la mémoire d'Adelchis et d'Ogier.

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Nous quittons Pavie, non sans rappeler qu'on y montrait jadis un bloc de pierre auquel s'était attaché dès le XTii" siècle le nom de Roland : Roland, disaiton, l'avait lancé contre les murailles '.

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