Par le sacrifice aux trois feux
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de grains, de racines, qu'il avait faites, ainsi que ses vieux vêtements.
« Quand même il souffrirait de la faim, il doit s'abstenir de tout ce qui pousse dans les champs labourés, bien qu'il ait l'autorisation du propriétaire ; il ne doit rien accepter non plus qui soit fabriqué par la main des hom'nes.
« Il peut mang-^^r ses aliments cuits ou tels qu'il les récolte sur la terre ou aux branches des arbres, et se servir de deux pierres pour les écraser.
« 11 peut faire sa provision pour un an, pour six mois, pour un mois, pour un jour, mais il est mieux de ne ramasser ses grains que pour un jour*.
« Il faut prendre sa nourriture tous les jours, soir et matin, mais il est mieux de ne manger qu'une fois tous les soirs^ et même que tous les deux jours seulement.
« Les personnages qui sont arrivés au plus haut degré de sainteté, ont suivi les règles de la tchandryana, qui consiste à manger quinze bouchées le pre-
1. Ni le paganisme ni le mosaïsme ne connurent ou ne réglementèrent dans la loi la vie du vanaprastha ou anachorète. A l'imitation du brahmanisme, dont il est descendu, le christianisme tenta, mais sans succès, de renouveler cette vie de privation et de contemplation dans le désert;
l'humble ermitage fut vite remplacé par le monastère
cette forme plus inoderne d'exploiter l'oisivotc et rauiuône.
moïse — MAHOMET. 235
mier jour de la lune et d'aller en diminuant, de sorte qu'une seule bouchée soit mangée le quatorzième jour et que le quinzième soit consacré au jeûne. 11 faut agir de même pour les quinze jours de la lune qui décroît.
« Pour observer strictement son devoir, le cénobite ne doit vivre que de fleurs et de racines sauvages, et de fruits tombés des arbres par eux-mêmes et que le temps a mûri.
« Que, pour prier, il se couche sur la terre nue ou se relève sur les genoux, ou se tienne incliné sur les pieds, fuyant les positions agréables, et qu'il fasse ses ablutions trois fois par jour.
« Pendant la saison chaude, qu'il s'expose toui nu aux ardeurs du soleil; pendant la saison des pluies, qu'il soit sans abri contre les torrents d'eau qui descendent du ciel et des montagnes, et pendant la saison froide, qu'il n'habite que des lieux malsains et humides.
« Que trois fois dans le jour, après les ablutions prescrites, il invoque le nom de l'Etre suprême, soumette son corps aux austérités les plus rigoureuses, et flagellejusqu'au sang son enveloppe mortelle.
« Arrivé à ce degré de mortification, qu'il éteigne le feu consacré et se couvre de cendres, qu'il n'ait plus ni demeure ni abri, ne vivant plus que de racines crues et de fruits ai«2:res.
« Exempt de tout désir sensuel, chaste comme un novice, qu'il n'ait d'autre lit que la terre, d'autre habitation que le pied des arbres.
« Qu'il ne demande l'aumône qu'aux autres anachorètes et aux pères de famille à qui il est permis de se retirer dans la forêt, et, si on lui offre quelque nourriture, qu'il n'en reçoive pas plus que ce que contient une feuille ou le creux de la main.
« Celui qui a ainsi dégagé son corps de tout attachement charnel, par l'étude des livres saints, la prière, les mortifications et l'aumône, peut attendre sans crainte l'heure d'être admis dans le séjour de Brahma.
«.Lorsque l'anachorète a passé ainsi la troisième partie de sa vie, quand il ne lui reste que peu de temps à vivre, qu'il quitte la forêt voisine des lieux habités, pour se retir dans les lieux déserts^ incultes, habités seulement par les bêtes fauves; qu'il embrasse la vie ascétique, renonçant même au souvenir de toute affection.
* Passant ainsi dans ce quatrième ordre, qui est le renoncement suprême à tout, l'homme est sûr, après sa mort, d'obtenir le plus haut degré de félicité.
« Après avoir été successivement brahmatchari *,