La nuit est le jour des mânes des ancôtres
(Vina-Snati.)
2. Les quatre âges des Indous, crita, trëta, dwapara et cali-jouga, ont certainement donné naissance aux quatre âges des Grecs, Tâgo d'or, Tâge d'argent, l'âge d'airain et l'âge de fer.
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« Le dwapara-youga se compose de deux mille années des demi-dieux, il est précédé et suivi d'un crépnscule de deux cents années.
« Le cali-jouga se compose de mille années des dienx, il est précédé et suivi d'un crépuscule de cent années ^
€ Ces quatre âges qui réunissent entre eux douze mille années des demi-dieux^ sont dits Tâge des demidieux.
« Or apprenez, vous qui m'écoutez, que mille âges des demi-dieux forment un jour de Brahma, et que la nuit de l'Etre suprême est de pareille durée.
« C'est à la fin de cette nuit que Brahma sort de son repos, et que Nara, l'esprit divin, émane de sa propre substance et se manifeste pour la création.
« De sa propre substance il tire l'éther, qui est une matérialisation de sa volonté, et possède d'après les sages le pouvoir de transmettre le son et la lumière.
« Une modification de l'éther produit l'air qui a la faculté de transporter le son et la lumière, jointe à celle de la tangibilité et de la transmissibilitô des odeurs^.
1. C'est dans cet âge, d'après les Indous, que nous serions actuellement.
2. La science sans doute ne saurait admettre toutes ces spéculations, mais comme nous sommes loin des grossiôretés enfantines de la Bible !
« La lumière^ qui n'est qu'une augmentation ou une diminution d'obscurité, naît d'une transformation de l'air, et a pour qualité de rendre sensibles les formes.
« L'eau naît à son tour d'une transformation de la lumière et a pour qualité la saveur.
« De l'eau transformée et modifiée naît la terre^ qui a pour qualité la solidité et toutes les qualités qui précèdent.
« De l'eau, de la chaleur et de la terre, naissent toutes les créatures animées et inanimées, grâce au germe que l'Esprit divin produisit de sa propre substance.
« C'est ce germe qui ne périt pas dans l'Être, car il devient Tàme de l'Être, et retourne à l'époque du pralaya s'absorber dans l'Esprit divin qui, lui-môme, se repose dans Swajambhouva. Telle est la création.
« L'âge des demi-dieux, ou douze mille années des demi-dieux multipliées par soixante et onze, forme une période de création et reçoit le nom de manwantara ^
« Les créations, ou périodes de Manou , et les dissolutions sont innombrables. Le Maître souverain les fait, comme en se jouant, succéder les unes aux autres.
1. D*aprôs les pundits, Tunivers est soumis à une sue* cession périodique et éternelle de manwantara, de créations et do dissolutions.
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€ Le crita-yoaga est le type de la justice, le taureau qui se tient ferme sur ses quatre pieds est son image, l'homme pratique la yéritô» et le mal ne dirige pas ses actions.
« Dans les âges suivants^ la justice, par l'accroissement des richesses et TégoTsme, est obligée de lutter avec le yoI, le mensonge et la fraude; le bien diminue d'un quart sur la terre.
« Dans le premier âge , la maladie , la souffrance n'ont pas encore fait leur apparition; les hommes Tiyent quatre siècles. Dans les âges suivants, la vie humaine perd un quart, un tiers et une moitié de sa durée ^
« D'après le Véda^ la vie, le bonheur, la souffrance , les vertus et les vices sont , dans ce monde , proportionnés à la durée des âges.
« Le premier âge se distingue par le culte général de rÊtre suprême , le second par l'accomplissement des sacrifices, le troisième par lacquisition des ri* chesses, le quatrième par l'égoïsme et la dissipation.
« Pour la conservation de cet univers, le souverain Maître donna des fonctions différentes aux quatre castes sorties de sa bouche, de ses bras, de ses cuisses et de ses pieds.
1. Ce qui ramène la vie du quatrième âge, c'est-à-diro la vie actuelle, à un siècle.
« Les brahmes eurent pour privilège d'étudier et d'enseigner, de présider aux sacrifiées, soit qu'ils les offrissent eux-mêmes, soit qu'ils soient offerts par d'au* très, et le droit de faire l'aumône et de la recevoir.
« Les xchatrias reçurent la mission de protéger le peuple, de gouverner avec équité, d'offrir les sacri* flces , de méditer les Védas ; il leur fut recommandé de ne pas s'adonner à leurs passions.
« Élever les bestiaux et autres animaux domestiques, pratiquer l'aumône, fournir les victimes des sa* orifices, étudier les parties du Védas qui leur sont consacrées, faire le commerce, faire fructifier Tar» gent par l'intérêt et cultiver la terre, furent les fonctions du vaysia.
« Le soudra ne reçut du souverain Maître qu'une fonction qui n'est pas dépourvue de mérite, celle de servir les autres castes.
« Swayambhouva a déclaré la plus pure la partie du corps humain qui descend de la tôte au nombril, et dans cette partie la bouche a été déclarée la plus pure.
« En qualité de premier-né, et comme sorti de la partie la plus noble du divin Pouroucha , le brahme est le gardien de la divine srouti (révélation), et il est le maître de cet univers.
« C'est lui, en effet, que le divin Pouroucha a produit le premier, au milieu des austérités les plus méritoires, pour la conservation de la création entière, •
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pour la prière, le sacrifice et le culte des ancêtres.
« Quel pourrait donc être le supérieur de celui qui offre les sacrifices aux dieux par l'auirita^ et le beurre clarifié, et préside aux repas funèbres des m&ncs?
« De même que Tintellect domine la matière^ que les êtres doués de raison sont supérieurs aux autres, et que l'homme est le premier entre les animaux, le brahme est le premier entre les hommes.
« Entre les brahmes les plus méritants sont ceux qui savent, parmi ceux qui savent ceux qui remplissent leurs devoirs , parmi ceux qui remplissent leurs devoirs ceux qui s'absorbent dans le Véda et méditent sans cesse sur la béatitude finale.
» Le brahme est fils de réternelle vérité, c'est sur lui que repose l'équilibre de toute chose et le règne du juste, il doit s'absorber dans Brahma.
« Dès sa naissance le brahme a été placé à la tête de tout ce qui existe, il est le pivot de la société et le législateur souverain.
« Tout ce que contient cet univers est dit propriété du brahme; c^est apanage de son droit d'aînesse.
« Un brahme a beau recevoir de la nourriture et des vêtements, c'est sa nourriture et ses vêtements
1. Amrita, ambroisie. Cette divine liquour, dont les dieux font leur noiirriture habituelle, est avec le bourre clariflé la base de tous les sacrifices à la divinité.
qu'on lui donne ; s'il fait Taumône avec la chose d'autrui, c'est sa propre chose qu'il donne, car les antres hommes ne possèdent et ne viventque par sa générosité.
« C'est pour régler les fonctions du brahme et celles des autres castes^ suivant qu'elles ont été établies^ que le divin Manou, émané de Swayambhouva, a composé ce livre de la loi.
« Ce livre ne peut être étudié et expliqué aux fidèles que par le seul Brahma.
« Que le brahme^ quand il veut lire co livre, accomplisse les dévotions préalables et ne soit souillé . d'aucun péché par pensée, parole ou action.
« Quand il le lit dans cet état, il purifie rassemblée qui l'écoute et sept de ses parents dans les lignes ascendante et descendante.
« L'étude de ce livre procure toutes les satisfactions, augmente l'intelligence, rend les hommes vertueux, prolonge leur existence et leur fait acquérir la récompense céleste.
« La loi est là et non ailleurs, là vous apprendrez à connaître le bien et le mal et les devoirs des quatre castes.
« Ce livre est approuvé par la révélation et la tradition *; que celui qui désire la béatitude finale y conforme sa conduite.