Ficus glomcrata
ses repas qa'après en avoir obtenu la permission de son gourou — maître professeur — et s'être auparavant purifié en faisant ses ablutions la figure tournée du côté de l'orient.
« Celui qui mange en regardant Torient, se prépare une longue existence^ toute de gloire, de science et de félicité, et obtient la récompense finale ^ .
« Le dwidja doit prendre sa nourriture avec recueillement, et en honorant celui de qui tout émane, et le priant de lui accorder toujours le nécessaire.
« La nourriture prise en honorant celui qui la donne aux hommes, donne la force et la santé.
« Qu'il se garde de manger une trop grande quantité d'aliments, une nourriture trop abondante abrège l'existence, et est blâmée par les sages qui de tout temps se sont maintenus en santé par la sobriété.
« La sobriété rend la vertu facile, c'est le meilleur aide dans l'accomplissement des devoirs.
« Après son repas, que le brahme fasse l'ablution
1. Mahomet s'est inspiré de ces préceptes lorsqu'il a or- -donné que les principales fonctions religieuses, sacrifices, ablations, etc., se fissent en regardant rorient.
€ A Dieu appartient l'orient et le couchant, tournez- Y0I18 en priant de ces côtés pour rencontrer sa face. Dieu eut immense et sait tout. >
(Coran, chap. ii, verset 109.)
avec la partie de sa main que rÉcriture sainte a déclarée pnre.
« Qu'à trois reprises différentes, il avale de Peau, et que par trois fois il s'essuie la bouche avec la partie pure de son pouce ^ puis qu*il asperge d'eau sa tdte et sa poitrine.
« L'eau qui asperge la tête et la poitrine du brahme le purifie ; le xchatria est purifié par celle qu'il avale, le vaysia par celle qu'il prend dans la bouche, le soudra par celle qu'il touche du bout des lèvres *.
« Quand les vôtements, les peaux, la ceinture, le cordon, le bâton et Taiguière du dwidja no peuvent plus lui servir, il doit s'en procurer d'autres bénis par des prières, et purifiés par l'eau lustrale.
« L'obtention du sacrement du késanta est fixée à la seizième année de la naissance pour les brahmes, à la vingt-deuxième pour les xchatrias et à la vingtquatrième pour les vaysias ^. »
1. Le catholicisme a conservé ces pratiques dans certaines cérémonies.
2. C'est le seul cas où le soudra est nommé dans des pratiques religieuses autrement que pour l'en exclure.
3. Nous ne pouvons nous livrer à tous les commentaires auxquels donnerait lieu chacune de ces strophes, pour mettre plus vivement en lumière ces mœurs curieuses. Cependant nous ne pouvons nous empêcher de relever rapide-
moïse — MAHOMET. 49
« Les mômes cérémonies doivent être accomplies pour les femmes, avec les prières aux différentes époques fixées depuis la conception et la naissance, mais les sacrements ne leur seront pas conférés.
« Le sacrement de mariage est dit par les sages remplacer^ pour les femmes, tous les sacrements prescrits par l'Écritnre sainte aux hommes des différentes classes, comme leur amour pour leur époux, le soin de leur famille, l'entretien du feu sacré leur tiennent lieu de toute étude sous un gourou, et de toute science.
ment deux erreurs de William Jones et de Wilson, à pro pos du sacrement du késanta.
Suivant William Jones, le sacrement du kc3santa serait une cérémonie dans laquelle on coupe la chevelure ; selon Wilson, le késanta serait le devoir de donner raumône.
Ni Tune ni l'autre de ces explications n'est d'accord avec le texte de Manou et la coutume indoue.
Pour les pundits ou brahmes savants qui vingt fois m'ont donné cotte explication, le késanta est le sacrement qui couronne les études de la sainte Écriture pour les trois castes initiées.
Pour Je brahme c'est l'ordination, c'est la prêtrise.
Pour le xcbatria, c'est le droit de commander les provinces et les armées.
Pour le vaysia, c'est la consécration d'une émancipation toute particulière à l'Inde, et que nous appellerons l*éman'' cipatian commerciale.
Le ûls, tout en restant sous l'autorité du père de famille, en lui devant compte de ce qu'il peut amasser, acquiert
50 MÀNOU.
« Telle est la loi de rinitiation des dwidjas ; par cette ioitiation, ils reçoivent une nouvelle vie au bien, à la vérité, à la science, c'est pour cela qu'ils sont appelés dwidjas — deux fois nés. . « Écoutez maintenant quels sont les devoirs qui leur sont imposés.
« Le gourou, aprôs l'initiation de brahmatchari, lui enseigne les devoirs de pureté et les bonnes mœurs, l'entretien du feu sacré et les sandhj&s du matin, de midi et du soir.
cependant la libert<3 de commercer, de s^engager, d'acheter et de vendre en son nom.
Le kc3santa enân, x^^ur les trois castes, accordait une certaine émancipation, une certaine majorité restreinte à ceux qui l'avaient reçu.
On va voir par les trois premiers slocas de la traduction que nous reprenons, que l'explication que nous venons de donner est beaucoup plus conforme à la pensée do Manou, que colle des deux indianistes que nous avons cités.
L'ablation de la chevelure, qui ne conservera que cette touffe que tous les Indous de caste portent au sommet de la tôte, a lieu dans les trois ans de la naissance et non à l'époque indiquée par Manou dans le texte qui nous occupe, et cotte cérémonie se nomme tchaoula et non késanta.
Quant à l'obligation de donner des aumônes, la loi brah« manique y astreint tout individu, quels que soient son âge et sa caste, et il n'j a pas dans cet acte l'apparencd d'un sacrement, c'est un devoir et non une cérémonie.
moïse MAHOMET. 51
« Après avoir fait les ablations prescrites et, le visage tourné ^ers Varient^ le brahmatchari doit, avant d'ouvrir le Véda, adresser ses respectueux hommages au Maître souverain de l'univers.
« Pendant la lecture du Véda, il doit maîtriser ses sens et se tenir les mains jointes pour rendre hommage à la sainte Écriture ; qu^en commençant et terminant la lecture, il embrasse les pieds de son directeur, et ne commence ou ne s'arrête qu'en entendant le gourou lui dire : Holàt étudie, ou : C'est bien! repose-toi.
« Qu'il prononce toujours, au commencement et à la fin de sa lecture du Véda, le monosyllabe sacré, AuM, qui renferme en lui le mystère de la trinité*. CSelui qui ne le fait pas oublie ce qu'il apprend aussi vite que les caractères tracés sur l'eau s'effacent.
« Qu'il prononce ce mystérieux monosyllabe, invocation à la trimourti, que Brahma lui-môme a exprimé de l'essence du Véda, la face tournée vers