‹ Les législateurs religieux: Manou, Moïse, MahometChapitre 83 sur 117 · Provinces arrosées par le Gange · texte numérisé non relu

Provinces arrosées par le Gange

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« Qu'il dispose habilement en sa faveur tous ceux qui peuvent lui être utiles, qu'il soit au courant de tout ce qui se passe dans la ville, et, dès que Toccasion lui paraîtra propice, qu'il donne Tassaut sans crainte.

« Cependant, il n'est jamais certain d'avance que la victoire appartiendra à telle ou telle armée, le roi peut donc faire tout ce qu'il jugera à propos pour éviter la bataille.

« Il peut tenter de triompher par des négociations, des présents, ou en fomentant des dissensions dans les rangs ennemis.

« Mais quand aucun de ces moyens n'a pu réussir, qu'il s'en remette courageusement au sort des armes et une fois décidé qu'il ne recule plus.

« En pays conquis, que le roi respecte les divinités qui y sont adorées ainsi que leurs prêtres, qu'il fasse des largesses aux peuples et répande partout des proclamations pacifiques.

« Après avoir soumis et pacifié toute la contrée, qu'il mette à la tête un prince de race royale et fasse la paix avec lui en lui imposant ses conditions.

« Qu'il respecte les lois du pays et les fasse respecter par les autres telles qu'elles ont été établies par la coutume immémoriale.

« Qu'il fasse habilement quelques présents aux courtisans du prince tombé, pour les rallier au

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prince qu'il vient de placer sur le trône, des présents habilcmenl donnés concilient l'amitié de cette race de gens.

« Tout en ce monde dépend du destin fatal. Le destin se règle par les mérites successifs, acquis par rhomme dans ses exiî<tcnces précédentes, et comme les secrets do cette destinée ne sont pas connus, rhomme ne peut agir sur l'homme que par des moyens humains.

« Cependant le vainqueur peut, s'il le veut, faire un traité de paix avec son propre adversaire et s'on faire ainsi un allié, préforant un ami pour l'avenir à For et à une augmentation de territoire.

« Mais qu'il scrute bien les dispositions du prince vaincu, qu'il voie s'il ne serait pas capable de profiter de sa générosité pour recommencer ses préparatifs, s'adresser à de puissants alliés et envahir à son tour son royaume, et qu'il voie alors s'il doit tirer profit de son expédition ou faire un traité d'alliance avec son adversaire.

• Il est des cas où, en augmentant son territoire et ses richesses, un roi devient moins puissant qu'en se ménageant un fidèle allié qui , malgré sa faiblesse, peut, à un moment donné, être d'un puissant secours.

« Un faible allié, mais loyal, honnête, aimé do

ses sujets, dévoué, courageux, est toujours digne d'eslirn*».

« De tout temps, un prince courageux, exécuteur fidèle des deroirs prescrits, plein de science, qui n'oublie pas les services rendus, aussi ferme que juste, aussi compatissant que sévère, a été regardé par les sages comme invincible.

« Connaître les hommes, pratiquer largement l'aumône, être affable, brave et habile sont les qualités que doit posséder un prince dans la paix comme dans la guerre.

« Lorsque le roi est en danger, il ne doit pas craindre pour se sauver de reculer liabilement devant l'ennemi, dût-il abandonner une contrée riche garnie de bestiaux et de maisons.

« Qu'il n'abandonne pas ses trésors qui peuvent lui être d'un grand secours dans la retraite, mais qu'il sacrifie toutes ses richesses pour sauver son épouse, et son épouse pour sauver son royaume.

« Qnil n'ait recours à cette terrible extrémité de la retraite devant l'ennemi que quand il a épuisé tous les autres moyens de défense.

« Après avoir traité des affaires publiques avec ses ministres selon les règles prescrites et s'être livré à l'exercice des armes, qu'il accomplisse ses ablutions de midi , et rentre dans son palais pour s'y repose!

« Qu'il prenne d'abord son repas préparé et servi par des serviteurs de sa' caste, et dont le dévouement a été mis à Tépreuve pendant un long temps. Que les mets soient consacrés par des menlrams et éprouvés contre le poison .

« Que dans tous ses aliments soient répandus de puissants antidotes et qu'il porte sur lui les pierres consacrées qui fout avorter le poison et préservent du mauvais œil.

« Que des femmes convenablement ornées de riches parures et desuperbes vêlements viennent ensuite Téventer, arroser son corps d'eau fraîche, et oindre ses cheveux de parfums.

« Que ces femmes soient visitées pour que l'on s'assure qu'elles ne cachent pas des armes, que l'on fasse ainsi pour la voilure, le lit, les tapis et les ornements destinés au service du roi.

« Après son repas, qu'il se livro à la joie pendant un certain temps, en compagnie de^es femmes, dans les chambres intérieures de son palais, puis qu'il s'occupe de nouveau des choses de l'État.

« Ayant révolu son costume de guerre et rassemblé ses soldais, qu'il les passe en revue avec les éléphants, les chevaux, les chars garnis de faux, les armes, les munitions et les approvisionnements. Que tout soit en état comme à la veille d'une bataille.

« Après avoir accompli ses ablutions du soir et as-

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sisté aux sacrifices religieux, qu'il prenne ses armes et se rende dans la chambre secrète du palais^ où il continuera de recevoir les rapports de ses émissaires secrets.

« Après les avoir renvoyés, qu'il renlre dans son palais et prenne son repas du soir, entouré et servi par ses femmes.

« Après s'être récréé, en écoutant des récils merveilleux et les sons des instruments de musique, qu'il prenne, avant d'aller se reposer, quelques gâteaux de riz et de miel, des fruits, de l'eau pure et aille ensuite se reposer après avoir fait l'invocation prescrite.

« Telles sont les règles prescrites pour la conduite d'un roi qui veut vivre heureux, se maintenir en bonne santé et faire le bonheur de ses sujets.

« Quand il est malade, qu'il charge exclusivement ses ministres du soin des affaires de l'État.

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