OBSERVATIONS
Nous entreprendrons la partie clinique de ce travail par l'exposé de quatre observations relatives à quatre formes différentes de variole.
OBSERVATION I (inédite).
(Service de M. le professeur Courmont.)
Bobic..., Victor, trente ans, coiffeur.
Antlécédents : non vacciné, deux fièvres muqueuses, bonne santé habituelle, marié, un enfant, mère et enfant bien porlants,.
Début : le 5 janvier 1900 : nausées, vomissements, céphalalgie, légère rachialgie.
Éruption : le 6 janvier dans la soirée. Elle débute par le front.
Jusqu'au 9 janvier, date de l'entrée du malade à l'hôpital, l'état reste stationnaire.
10 Janvier. — Température, le matin 39 degrés ; le soir 39°4. Éruption maculeuse droite du tronz et des membres, un peu plus confluente sur les mains. A la face, rougeur généralisée avec macules. Langue sale. Quelques vésicules sur les lèvres. ‘ Au cœur, on note de la tachycardie. Le pouls est à 130 et irrégulier, Pas de bruits surajoutés,
Dans la soirée, l’éruption à pris un caractère nouveau, On note des hémorragies sous-conjonctivales doubles. Le malade tousse beaucoup et expectore des crachats striés de sang. Une miction amène des urines rouges sanglantes, Il se plaint surtout d'une sensation de chaleur insupportable. L'auseultation du poumon est négative.
Le pouls est devenu fort et s'est régularisé. Il reste aux environs de 130 à la minute, L'examen du cœur révèle un assourdissement du premier bruit et un claquement énergique des valvules sigmoiïdes. Pas de souffle. Traitement : trois bains à 22 degrés par vingt-quatre heures.
11 janvier. — T. — 38°5. Teinte générale rouge de la face et du cuir chevelu. Urines hématiques foncées. L'hémorraglie sous-conjonctivale a augmenté. Les larmes sont colorées en rose. Langue rouge vif.
Le malade est très abattu, L'examen du cœur décèle un souffle extrèémement intense à la région mésocardiaque, Il disparaît dans la position assise et dans le décubitus latéral droit. Le choc précordial est faible, la pointe difficile à localiser, la matité
cardiaque n’est pas augmentée. P. — 108.
12 janvier. — T. — 38°5. Taches noires sur la face. Teinte
rouge uniforme du tronc. Le malade dégage une odeur fétide, Légère dyspnée. Au cœur, souffle intense dont le maximum est à la pointe. Il ne disparaît pas, quelle que soit la position
128 degrés.
prise par le malade. P. —
13 janvier. —T. — 37 degrés. Urines moins colorées el très abondantes. On continue les bains. L’odeur fétide persiste. Au cœur, le souffle a disparu. Le myocarde se contracte très faiblement. Les bruits sont à peine perceptibles. Il est 1mpossible de délimiter la pointe. Cyanose et dyspnée légères. PE "r20;
14 janvier. — État stationnaire, La dyspnée s'accentue. Délire aigu nécessitant la camisole de force. L'état de collapsus cardiaque s’accentue de plus en plus.
15 janvier. — Le malade meurt dans la matinée, au cours d'un accès de délire aigu.
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