‹ Les lettres de Blaise PascalChapitre 23 sur 63 · Actes, I, ii · texte numérisé non relu

Actes, I, ii

[\. M. Margival, dans son édition classique des Pensées (Paris, Poussielgue, 1897, P- 38o), fait remarquer que cette théorie un peu subtile du sacrifice n'a pas retrouvé place dans les Pensées. Rien n'est plus simple que tout ce qui, dans cet ouvrage définitif, a trait à J.-G. et au mystère de son immolation.

l66 LES LETTRES DE BLAISE PASCAL

Seigneur. Considérons-les en nous maintenant. Dès le moment que nous entrons dans l'Eglise, qui est le monde des fidèles et particulièrement des élus, où Jésus-Christ entra dès le moment de son incarnation par un privilège 1 particulier au fils unique de Dieu, nous sommes offerts et sanctifiés. Ce sacrifice se continue par la vie, et s'accomplit à la mort, dans laquelle l'âme, quittant véritablement tous les vices et l'amour de la terre, dont la contagion l'infecte toujours durant cette vie, elle achève son immolation et est reçue dans le sein de Dieu.

Ne nous affligeons donc 2 pas comme les païens qui n'ont point d'espérance. Nous n'avons pas perdu mon père au moment de sa mort ; nous 3 l'avons perdu pour ainsi dire dès qu'il entra dans l'Eglise par le baptême. Dès lors il était à Dieu ; sa vie était vouée à Dieu ; ses actions ne regardaient le monde que pour Dieu. Dans sa mort, il s'est 4 entièrement détaché des péchés ; et c'est en ce moment qu'il a été reçu de Dieu, et que son sacrifice a reçu son accomplissement et son couronnement. Il a

i. G spécial.

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