‹ Les lettres harmonieusesChapitre 13 sur 13 · AS · texte numérisé non relu

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C'est ainsi que Tordre de ces leçons n'est pas immuable. L'auteur même de la Méthode simplifiée a cru devoir, pour répondre à certaines objections, employer dès la première leçon la portée, simultanément avec l'enseignement de sa méthode même. Pour moi, j'ai pensé à me renfermer dans la langue des sons pure , en j adaptant la monogammie qui peut aussi bien s'employer dans la méthode usuelle.

Ceci me ramène à un point que j'ai Jû laisser en arrière, à un sjstême de transposition sur le piano au mojen de bandes d'un mécanisme fort simple et basé sur la monogammie et cette remarque vingt fois rappelée : L'identité de contexture de toutes les gammes.

En effet, remarquant que dans le fond du clavier les touches blanches et les touches noires comprises dans une seule gamme sont au nombre total de douze, d'égale largeur, rien de plus facile que de tracer sur une bande de carton mince trois gammes, je suppose, dans de pareilles dimensions. En voici une, sauf les largeurs :

Il s'agit de transposer un morceau en un ton déterminé. Supposons l'air: Ah! vous dirai-je , maman i

Noté en ut, il donne D DSSLLSFFM M R R D

pour première phrase.

Il est ensuite noté où nous voulons le noter , en mv , nous savons que la tonique devient le mi , nous plaçons la bande mobile dans le fond du clavier, le D sur la tonique nouvelle mi^ , et aussitôt elle nous indique les touches à frapper pour reproduire la phrase ci-dessus dans la nouvelle tonalité. En effet, on voit :

S'agit-il de la même phrase dans le ton de mi , nous avançons la bande d'un demi-ton , de sorte que D soit sur M , notre nouvelle tonique, et on obtient :

Voilà une grosse difficulté, la transposition , mécaniquement résolue sans avoir besoin d'être musicien , pour ainsi dire.

La langue des sons, ne faisant usage que d'éléments connus de tout le monde , présente pour la dictée et pour l'écriture musicale de singulières facilités. En effet , quoi de plus simple , même pour un ignorant en musique, que de dicler des sjllabcs telles que Da , Re, Mi, il n'est besoin que de savoir lire. Quoi de plus simple aussi que d'écrire ces mêmes svllabes en ligne courante sons avoir besoin de portée!

Mais aux musiciens ordinaires , je dirai encore : Empruntez diverses clioses à la langue des sons. En voici une :

Il ne sera ni long ni pénible de vous imaginer, musicien que vous êtes, que do, re, mi, fa, etc., peut se remplacer par D R M F. Grâce à cela, vous allez former une sténographie musicale.

Supposez que vous fassiez usage de portées de trois lignes :

Il est évident que les trois lignes et leurs interlignes , dessus et dessous , vont vous fournir sept positions. Le nombre des diverses valeurs musicales est de sept. Admettons par convention que la valeur la plus forte soit en haut, la plus faible en bas^ nous aurons :

ronde blanche-

noire

-croche -

double croche

triplecroche-

quadruple croche

Ce point posé , désignons les intonations par les

lettres abréviatives D R M F S L B , et posons ces lettres aux places qui marquent les valeurs.

G'est plus vite fait que d'écrire les notes elles-mêmes. Voulez-vous encore un progrès de rapidité? je ne vous chicanerai pas si vous employez les lettres minuscules , généralement plus courtes à tracer que les majuscules.

Des musiciens, considérant que les boules des noires et des croclies , les queues de celles-ci , sont longues à sécher, faisaient usage de la langue des sons dans un emploi mixte, c'est-à-dire qu'ils écrivaient sur la portée de cinq lignes les voyelles indiquant les valeurs, à la place qu'auraient occupée les notes , de la manière suivante :

>-tt-tt-4

:e:zi|

Ils trouvaient cela plus comnvDde, plus prompt que l'écriture usuelle.

Ce sont là des applications plus ingénieuses qu'utiles, dira-t-on? Je ne veux pas discuter, mais quelque valeur qu'elles aient , elles ne montrent pas moins que la méthode qui nous a occupés peut devenir une mine féconde.

Au surplus , c'est un sjstême d'enseignement attrayant, et à ce point de vue je ne saurais trop eu faire l'éloge ; rendre la science amusante est le propre des bons esprits , des cœurs animés de sentiments pliilanthropiques. Il faut remarquer qu'une telle façon d'apprendre met en jeu toutes les ressources de l'intelligence , elle est donc encore louable de ce côté.

Je m'arrête, lecteur, de crainte d'être entraîné : j'ai essajé de vous ouvrir la barrière, à vous d'entrer dans la route.

Ca. DE FRANCIOSI.

Lille. Iilip. D,u\ci.

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