avec quelques C. 38. om. à ABC
CINQUIÈME LETTRE
427. De telle sorte que la Congrégation des Cardinaux de Propaganda fide fut obligée de defendre particulièrement aux Jésuites, sur peine d’excommunication, de permettre des adorations d’idole sous aucun pretexte, et de cacher le mystère de la Croix à ceux qu’ils instruisent de la Eeligion ; leur commandant expressément de n’en recevoir aucun au Baptesme qu’apres cette connoissance, et d’exposer dans leurs Eglises l’image du Crucifix, comme il est porté amplement dans le Decret de cette Congrégation donné le 9 juillet 1646, signé par le Cardinal Caponi.
Voila de quelle sorte ils se sont répandus par toute la terre à la faveur de la doctrine des opinions probables , qui est la source et la baze de tout ce déreglement. C’est ce qu’il faut que vous appreniez d’eux-mesmes. Car ils ne le cachent à personne, non plus que tout ce que vous venez d’entendre, avec cette différence qu’ils couvrent leur prudence humaine et politique du pretexte d’une prudence divine et Chrestienne comme si la foy, et la Tradition, qui la maintient, n’estoit pas toûjours une et invariable dans tous les temps et dans tous les lieux, comme si c’estoit à la réglé à se fléchir pour convenir au sujet qui doit luy estre conforme, et comme si les âmes n’avoient pour se purifier de leurs taches qu’à corrompre la loy du Seigneur ; au lieu que la loy du Seigneur , qui est sans tache et toute sainte, est celle qui doit convertir les âmes , et les conformer à ses salutaires instructions.
Allez donc, je vous prie, voir ces bons Peres, et je m’assure que vous remarquerez aisément dans le relaschement de leur Morale la cause de leur doctrine touchant la grâce. Vous y verrez les vertus Chrestiennes si inconnuës et si dépourveuës de la charité, qui en .est l’ame et la vie, vous y verrez tant de crimes palliez et tant de desordres soufferts, que vous ne trouverez plus estrange qu’ils soustiennent que tous les hommes ont toûjours assez de grâce pour vivre dans la pieté de la maniéré qu’ils l’entendent. Comme leur Morale est toute Payenne, la nature suffit pour l’observer. Quand nous soustenons la nécessité de la grâce efficace, nous luy donnons d’autres vertus pour objet. Ce n’est pas simplement pour guérir les vices par d’autres vices ; ce n’est pas seulement pour faire pratiquer aux hommes les devoirs extérieurs de la Eeligion ; c’est pour une vertu plus haute que celle des Pharisiens et des plus sages du Paganisme. La loy et la raison sont des grâces suffisantes pour ces effets. Mais, pour