vray O. 24. que, lorsque vous les pressiez sur ces C
2l6 LES LETTRES PROVINCIALES
de nous décrier qu'ils en ont pris un moyen qui ruine leur propre réputation. Car ils ont fabriqué à dessein de certaines propositions, pleines d'impietez et de blasphèmes, qu\ls envoyent de tous costez, pour faire croire que nous les sotUenons au 5 mesme sens qu'ils ont exprimé par leitr écrit. Mais on verra, par cette réponse, et iwstre innocence et la malice de ceux qui nous ont imputé ces impietez, dont ils sont les uniques inventeurs.
En vérité, mon Père, lorsque je les ouïs parler de la sorte
10 avant la Constitution, quand je vis qu'ils la receurent en suite avec tout ce qui se peut de respect, qu'ils offrirent de la souscrire, et que M. Arnauld eut déclaré tout cela, plus fortement que je ne le puis rapporter, dans toute sa seconde lettre, j'eusse creû pécher de douter de leur foy. Et en effet,
15 ceux qui avoient voulu refuser l'absolution à leurs amis avant la lettre de M, Arnauld ont déclaré depuis, qu'après qu'il avoit si nettement condamné ces erreurs qu'on luy imputoit, il n'y avoit aucune raison de le retrancher, ny luy ny ses amis, de l'Eglise. Mais vous n'en avez pas usé de mesme. Et
20 c'est sur quoy je commençay à me défier que vous agissiez avec passion.
Car, au lieu que vous les aviez menacez de leur faire signer cette Constitution quand vous pensiez qu'ils y resisteroient, lorsque vous vistes qu'ils s'y portoient d'eux-mesmes,
25 vous n'en parlastes plus. Et quoy qu'il semblast que vous deussiez après cela estre satisfaits de leur conduite, vous ne laissastes pas de les traiter encore d'heretiques, parce, disiezvous, que leur cœur démentoit leur main, et qu'ils estoient Catholiques extérieurement, et hérétiques intérieur eme^it, comme
30 vous-mesme l'avez dit dans vostre Besp. à quelques demandes, p. 27 et 47.
Que ce procédé me parut étrange, mon Père ! Car de qui n'en peut-on pas dire autant? et quel trouble n'exciteroit-on point par ce prétexte ? Si l'on refuse, dit S. Grégoire Pape,
35 de croire la confession de foy de ceux qui la donnent conforme aux sentimens de l'Eglise, on remet en doute la foy de toutes les personnes Catholiques. Je craignis donc, mon Père, que vostre dessein ne ftist de rendre ces personnes hérétiques sans qîi'ils le fussent, comme parle le mesme Pape sur une dispute
40 pareille de son temps : parce, dit-il, que ce n'est pas s'opposer aux hérésies, mais c'est faire une hérésie qiie de refuser de croire ceux qui, par leur confession, témoignent d' estre dans la veri-