‹ Les lèvres et le secret: PoésiesChapitre 1 sur 82 · ENVOI · texte numérisé non relu

ENVOI

Pour des êtres charmants et tendres, Dont j'ignore môme le nom, J'ai fait ces petites chansons...

Puisse une femme les comprendre I

J'ai transcrit là sincèrement Mon cœur ingrat et peu fidèle...

Maman, Paris... écrit l'enfant...

Mais la lettre arrivera-t-elle?...

Nos lèvres ont battu, tendres, chaudes, brûlées,

Je les ai vu frémir, elles se sont aimées.

lèvres de la femme et de l'homme I idéal,

Vous qui distribuez la paix, Tennui, la peine,

Le mensonge muet et le mensonge oral.

But parfumé du soir, repos à la fontaine...

Vous m'avez tout donné, tout pris... L'échange est fait.

Pourtant je ne suis pas pleinement satisfait.

Vous VOUS étiez donné, lèvres comme une tâche, De VOUS communiquer vos saveurs, votre mal ; Mais ce ne fût qu'un simulacre, un don banal... Les lèvres ont gardé leur secret... Je Tarrache...

L^NDIFFERENT

J*ai cru faire du bien et môme j'eus pitié... Mais le bien que j'ai fait ne sortait pas de l'âme ; Ma pitié ne venait que de mes nerfs troublés, C'était une pitié instinctive de femme.

J*ai cru aimer. Du moins, j'en eus les apparences. J'en ai parlé, jeTai juré, je l'ai crié...

Mais, si pauvre est mon cœur, que cet amour immense Au bout de quelques jours je lavais oublié.

J'ai cru souffrir. J'ai cru sentir en moi la grâce, Vivre, éprouver, frapper ma poitrine en pleurant. Je fus comme celui qui regarde un torrent, Scrute sa profondeur, jette une pierre et passe...

Je suis, dans cette vie, à l'aveugle semblable. Je n'ai fait qu'effleurer toute chose en passant; Je n'ai vu devant moi qu'un curieux spectacle, Et le sang qui coula ne fut jamais mon sang.

Sortir de ma prison, briser ce mur de glace.

Souffrir du n^al d'autrui et surtout de mon mal 1 Dans mon cœur, que ce don misérable s'efface. Qui fait, qu'amour ou mort, au fond tout m'est égal !

Hélas I être un indifférent, un égoïste.

Avoir une bonté passive, à fleur de peau !

Qu'un cri de douleur vraie est profond, grave et beau,

Et qu'aux cœurs sans chagrin le bonheur devient triste !

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