‹ Les lèvres et le secret: PoésiesChapitre 15 sur 82 · COMME ELLES SONT · texte numérisé non relu

COMME ELLES SONT

Elles semblent tendres, sensibles, Avec des nerfs très délicats.

La moindre influence invisible Se reflète sur leur teint mat.

Entre ses bras si l'on les serre, On craint de leur faire du mal.

Elles sont des plantes de serre, De fragiles fleurs de cristal.

Il repose en ces formes rares De beaux sentiments, semble-t»il, yu'à leur cou si mince on compare, Plus fins et plus doux que leurs cils.

Ces âmes que nous croyons pures N obéissent qu'à leur plaisir...

Elles sont brutales et dures, Se plaisent à faire souffrir.

Elles n*ont pour ceux qu'elles aiment Ni pitié ni ménagement, Il leur faut tenir leur amant Esclave, à genoux, et quand môme.

Et pour ceux qu'elles n'aiment plus, Ces délicates sensitives Ont des supplices ingénus.

De froides cruautés naïves...

If

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