LE DÉBAUCHE
J'accomplis lour à tour des actes bons ou pires.
J'ai le même remords ou le même sourire
Pour avoir fait du bien, pour avoir fait du mal.
C'est là le châtiment d'un cœur sans idéal
De ne pas distinguer entre eux l'or et la pierre.
Et je me sens pareil au débauché vulgaire
Qui marche tard, la nuit, avec des compagnons.
Dans un quartier perdu de ruelles sans nom,
Qui marche pour briser la terrible couronne
Que les veilles, le feu, l'alcool à ces fronts donnent.
Et, s'arrêtant soudain de rire et de chanter,
Embrasse une rôdeuse ou crache devant elle
Au hasard^ par dégoût comme par charité.
Et s'en va, sans savoir si même elle était belle.
Le long des murs usés suintant le chagrin,
Dans le brouillard, parmi les becs de gaz éteints...