‹ Les lèvres et le secret: PoésiesChapitre 3 sur 82 · UN REMORDS · texte numérisé non relu

UN REMORDS

Dans les jeux qu'elle aimait, sans qu'elle en eût le

[doute, J'aurais dû perdre exprès pour lui faire plaisir. Si Ton poQvaiL savoir que la vie est si courte, L^on serait généreux pour ceux qui vont mourir.

Lorsque je revenais de quelque long voyage, Le moindre don était un emblème d'amour.

rapporlais maints objets au fond de mon bagage, Mais son petit présent, je l'oubliais toujours.

Avec des riens que de bonheur je pouvais faire I Pour elle mon sourire éclairait la maison.

Quelques mots d'amitié, c'est assez pour les mères... Mais, de ces mots, j'étais avare sans raison.

J'étais silencieux, exigeant et maussade ;

Elle avait de l'orgueil à sortir avec moi,

Mais je disais ne pas aimer la promenade...

Pourquoi est-on méchant pour sa mère, ah ! pourquoi ?

Demain je serai bon, demain, demain encore..

Et Ton remet toujours de donner du bonheur.

Pour ma mère, demain aurait été Taurore, Si son fils bien-aimé avait ouvert son cœur.

Cœur ingrat I cœur ingrat ! Que rien ne te console!... Laisse trop tard couler les larmes de tes yeux, Puisqu'en mourant voici ces dernières paroles : Que tu fus bon pour moi ! mon enfant! sois heureux !...

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