‹ Les lèvres et le secret: PoésiesChapitre 33 sur 82 · LES BONHEURS PERDUS · texte numérisé non relu

LES BONHEURS PERDUS

nh : tes bonheurs perdus, oh ! les heures stériles ( ïLi 1 OIT ^i^ blesse en vain, où Ton se fait souffrir, Les reproches, les pleurs, les plaintes inutiles. Le pur tr(!'sor des cœurs qu'on gaspille à plaisir ! *

(In cherc lie au fond de soi les phrases qui déchirent, Ltis détails un peu vrais qui froisseront l'orgueil, Et Ton se frappe sous le masque des sourires... Des deux chers ennemis, Tun doit rester vainqueur.

L'on fait d*autant plus mal qu'on s'aime davantage. Souvenirs, chers secrets, petits aveux très doux, C est comme un beau pays qu'on brûle et qu'on saccage. Et jamais l'un des deux ne crie : arrêtons-nous !

Pourtant, si Ton savait I Tout s'en va ! L'amour s'use C'est comme un vêtement qu'on a mis trop souvent, Il s'élime, il devient luisant, ses déchirures. Que l'on rapièce mal, laissent passer le vent.

Plus jamais! C'est la loi fatale, inexorable ! On veut recommencer, on tend les bras encor.

On essaie d'effacer les mots irréparables Et de ressusciter les baisers qui sont morts.

Mais les premiers regards, Tadorable confiance, Mais le charme léger^ Tharmonie, la douceur, La causerie errante au gré des confidences.

Plus jamais I plus jamais I C'çst Tabîme des cœurs.

Imprudents ! vous avez laissé la porle ouverte A cet hôte qui sort et qui ne rentre plus...

Et c'est le feu qui meurt, c'est la chambre déserte, Ce sont les bouquets secs, c'est l'anneau d'or perdu.

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