SCENE VII
VALMONT , Madame de TOURVEL, CÉCILE, CHAVIGNY.
Cécile , entrant. Je suis parveoue à m’échapper un instant. . .
madame de touryel. Je ne suis pas seule!...
Cécile , à part. Ciel ! monsieur de Valmont !...
valmoet. Ma présence chasserait-ellc mademoiselle de Volange?. ■ oh ! veuillez approcher !.. • Que ne puis-je réunir ainsi toutes les personnes que ma conduite passée a pu scandaliser !
cuavigey. Qui se serait douté qu’il y aurait un jour saint Valmont?
madame de tol'ryel. Qui pourrait refuscr son estime à de pareils sentiment?
valmost. Si les personnes que j’ai offensées daignent m’accorder mon pardon , si je parviens à convaincre ceux qui ont pu partager mes erreurs , que le bonheur véritable n’est point au milieu d’un monde corrompu ; si je réussis à les ramener vers la source de tout repos et de toute félicité, je bénirai mon sort, et mon passage sur cette terre n'aura point été inutile.
chavigsy , souriant. C’est à moi , sans doute , que cela s’adresse.
cecile, à part. Et à moi !
valmost. Loin du monde, on retrouve ce calme de i’ame , ce repos de la conscience qui seuls peuvent donner le bonheur ; on pardonne à ceux qui ont pu nous entraîner à des actions coupables ; on les plaiut, s'ils persévèrent dans leurs erreurs ; on les imite , s’ils se repentent , et l’on se sourient que Dieu nous défend de les accuser et de les maudire.
Cécile, à part. Ab ! il a raison! c’est le seul parti qui me reste.
MADAME DE TOL'RYEL. Qu’il y a de COD-
viction dans ses paroles !
chavigiiy. En vérité , c'est louchant comme Massillon! 11 me donnerait envie de me convertir ! . . Eh ! mais , voyez donc l'impression qu'il produit sur mademoiselle !
madame de tolrvel. En effet, Cécile!.. comme vous êtes pâle et tremblante !...
Cécile. O mon amie ! vous près de qui je venais chercher des conseils! ma résolution est prise maintenant : bientôt vous la connaîtrez.
madame de tolrvel. Que dites-vous?
/ Cécile. Mon cœur me la dictait : ce que je viens d’entendre achève de me décider.
cuavigey , souriant à part. Est-ce que CC serait une conversion ?
I MADAME DE TOLRVEL. Qu’aVCZ-VOUS, mOD
enfant ? Songez à M. Danccny : vous serez sou heureuse et sage compagne.
cécile. Ah! au nom du ciel! ne prononcez pas de telles paroles ! clics déchirent le cœur et rendent le devoir trop pénible!
MADAME DE TOLRVEL. ExpliqueZ-VOUS?
cécile. Non, non !. . La seule roule qui me reste à suivre est tracée ! . . adieu, mou amie, soyez plus heureuse que moi !
madame de tolrvel. Arrêtez!
cécile. Tout est fini!.. Un jour vous apprendrez... adieu, monsieur de Valmont !
madame de tolrvel , à Cécile. Je ne vous laisserai pas partir ainsi... Ecoutez moi!.. Veuillez m'excuser, messieurs!..
( Elle U luit par le fond- )