‹ Les libertinius du 17e siecle. claude le petitChapitre 1 sur 3 · Les libertinius du 17e siecle. claude le petit · texte numérisé non relu

Les libertinius du 17e siecle. claude le petit

On ne sait rien de bien précis sur la famille de Claude Le Petit. Une note, d'une écriture du temps, que j'ai relevée sur un exemplaire de Paris ridicule, Cologne, chez Pierre de La Place, 1668, note qui a été imprimée depuis, est muette sur le lieu de sa naissance :

L'auteur de ce poème étoit fils d'un tailleur, il étoit bon Poète et avoit beaucoup d'esprit, mais fort libertin. II fut brûlé en place de Grève pour avoir fait plusieurs pièces satiriques particulièrement un livre infâme contre la V'ierge, ainsi il mourut au lieu qu'il appelle bien commode pour les infâmes; il avoit un frère qui étoit tailleur à Paris et qui ne sentoit guères moins le fagot que luy.

D'après son interrogatoire du 3o août 16Ô2, Claude Le Petit était né à Breveuil près de Forges, et non à Beuvron près de Forges en Normandie, comme l'a écrit Tricotel, ou à Beuvron sur Auge, canton de Cambremer (Calvados , suivant M. Tamisey de Larroque. 11 s'agit de Beuvreuil, commune de Dampierre, canton de Gournay-en-Bray, à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Forges-lcs- Eaux.

Le registre de l'état civil de Beuvreuil ^1539-1078) ne renferme aucun acte de naissance de la famille Petit ou

Le Petit, par contre celui de Dampierre nous apporte l'extrait suivant* :

Le mercredy i g^ août dudit mois et an [i 63 g) fut baptisée Magdaleiue, fille de jnessire Dubois et de Claude Petit ses père et mère. Le p. Marin Petit de la paroisse de Cuy et la m. Magdaleine Dubois,

La dame Dubois, ne'e Claude Petit, dont les parents habitaient Cuy, ne serait-elle pas la mère naturelle de Claude Petit, enfant né avant le mariage, non reconnu et, par conséquent, n'ayant pas d'état civil? Autrement Claude Petit eût été baptisé à Cuy, résidence de ses beauxparents.

Quoi qu'il en soit, le texte de l'interrogatoire de ce malheureux poète devant le Parlement de Paris ne nous fournit, non pius, aucune indication décisive, et celui de ses co-accusés est réduit à deux lignes :

(( Claude Le Petit, 23 à 24 ans, advocat en la cour, natif à (sic) Breveuil en Normandie, proche de Forges.

Dit quil a esté eslevé chei une de ses tantes et ensuite aux Jésuites; a faict sa philosophie et depuis a fait un voyage en Italie, en Hollande, en Espagne, qu estant revenu d'Hongrie où il avait fait tous ces escripts et que c'est Chabat qui ayant rencontré il y a trois sepmaines l'accusé à l'abbaye de Saint-Germaint-des-Prés il luy dist que l'on disoit qu'il se vouloit fayre moyne et qu'il vouloit brusler ses satiriques, qu'il avoit cinquante pistoles à son service et f croient i?nprimer ledit livre et le venderoient , qu'il a donné à Rebuffé ledit livre à imprimer et luy donnoit quatre escus de la feuille'^. »

1. Nous devons ces renseignements à l'obligeance de M. Graillon, instituteur à Dampierre.

2. Archives nationales X2*- 1027, registre non folioté, à la date. En marge à gauche les noms des juges : M. le Président de Mesmes; M. le Président Le Coigneux; M. le Président de Bailleul, MM. Le Musnier, Fayet, de Vassan, Barentin, Le Tonnelier, Perrot, Ledoux, Frezon, Du Tillet (rapporteur), Phelippe, Lecoq, Gaudart, Nevelet, Le Febvre, Mallebranche.

« Eustache Rebufféy 24 ans, imprimeur, fils de Jacques, hiterrogé qu'il a imprimé un mauvais livre. Dit que ce a esté la nécessité qui l'a fait faire. »

« Pierre Rebuffé, 24 à 10 ans.

Interrogé qu'il a eu cognoissance de l'impression que faisoit son frère.

Dit que oui et que son frère luy disoit qu'il n'y avoit point de mal. »

L'interrogatoire ci-dessus du 3o août 1662 des trois condamnés était la conséquence de l'appel qu'ils avaient formé des sentences des 26 et 29 août 1Ô62 de la Chambre criminelle du Chastelet '. Ces sentences sont perdues ainsi que les informations qui, sans doute, les précédèrent. L'arrêt fut rendu le 3i août 1662, il a été publié dans les Variétés bibliographiques de ^L Ed. Tricotcl;le texte qu'il en a donné est exact, sauf une légère erreur de lecture : il a imprimé que Le Petit sera brûlé \ïï avec son poème, alors que la sentence porte avec son procès, ce qui explique qu'il n'en reste rien aujourd'hui.

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