II. — LA MATURATION DE L'ŒUF
Les expériences de MM. Loeb, Delage, etc., sur la parthénogenèse artificielle des œufs ont modifié les idées des biologistes au sujet de la fécondation, et, comme cela arrive souvent en pareil cas, le mouvement de réaction a été trop violent et l'on a abandonné trop complètement Tancienne conception des phénomènes sexuels. On considérait, il y a quelques années encore, que les êtres appartenant aux espèces sexuées, pouvaient, suivant les cas, donner naissance, soit à des œufs par théno génétiques se développant par euxmêmes, soit à des ovules réellement femelles et incapables de se développer sans le secours d'un élément mâle. Entre ces deux sortes de cellules reproductrices il y avait donc un abîme, que les expériences dont je viens de parler ont d'abord paru combler. Tout le monde a été stupéfait quand Loeb a annoncé qu'une immersion convenable dans une solution saline appropriée permettait, sans le secours du spermatozoïde, le développement des ovules femelles de quelques Echinodermes. De là à penser que l'action du spermatozoïde dans la fécondation était, au moins en partie, analogue à celle d'une solution saline, il n'y avait qu'un pas ; M. Delage a fait remarquer que le pronucléus mâle apporté par le spermatozoïde, se gonflant par imbibition après avoir pénétré dans le protoplasma femelle, déshydrate par là même ce protoplasma, phénomène comparable à celui que produit l'immersion de l'ovule dans les solutions salines de Loeb. Mais je m'empresse d'ajouter que M. Delage n'a pas réduit à cela le rôle du spermatozoïde ; il a fait la remarque suivante * :