I. Pes'iie Blanche, novembre 190a
a. A. S. Packard, Lamarck, tlie J'ounder of Evolution, his life and vK'Oi-l:. New-York, kjoi.
Je ne m'occuperai pas ici de l'homme ; je veux seulement montrer que son œu>Te, si peu appréciée pendant trois quarts de siècle, méprisée même de Darwin qui ne l'a pas égalée, est encore aujourd'hui une source féconde à laquelle tous les savants ont avantage à puiser. Il y a certainement dans la Philosophie zoologique^ quelques erreurs provenant de l'état rudimentaire de la science au commencement du xix* siècle, mais ces erreurs sont beaucoup plus minimes qu'on n'eût pu le supposer; si l'on fait abstraction de quelques considérations sur les (( fluides », considérations que le peu d'avancement des sciences physiques imposait à tous les penseurs de cette époque, on reste étonné de l'ampleur de ce génie qui, en même temps qu'il devinait la transformation des espèces, trouvcdt aussi la véritable nature des facteurs de cette transformation. Le livre de Darwin, aACC ses semblants d'exphcation, a été plus favorablement accueilli du public ; c'est que le public était autre au moment où parut Y Origine des espèces ; les arguments de la Philosophie zoologique, tout en donnant un système beaucoup plus complet que celui de la (( sélection naturelle », sont sans aucun doute aussi clairs et aussi intelligibles pour le lecteur. Je le prouverai dans cette introduction en reproduisant, sans les modifier, les plus caractéristiques d'entre eux et je suis sûr que, si l'on veut bien penser, en les lisant, \ l'état des connaissances humaines au moment où Lamarck a écrit, on ne pourra s'empêcher d'éprouver devant la manifestation de son génie un frisson d'admiration enthousiaste.
« Les œuvres de Lamarck, écrit Darwin, me paraissent extrêmement pauvres ; je n'y trouve pas un fait, pas une idée. » Celte appréciation injuste a été acceptée