Petites épopéi
Par comparaison, el bieD qu'il compte plus de L6000 stances, le Harivartiça » < îénéalogie de I Lui » (autfe corn de Visnu peul ouvrir la liste des h pe tites " épopées. < !'est un poème de date el d'auteur inconnu-, mais qui certainement liait lu dès avant le VII0 siècle de notre ère, <-t qui, figurant ordinairement en appendice au Mahâbhârata, a participé de -on autorité traditionnelle. En l'ait, il est .-m Mahâbhârata ce qu'est au Râmâyana le livre final (p. 177), et, littérairement, oe mérite pas plu» d'attention; d'autant qu'il raconte la généalogie, la naissance el la jeunesse il'1 Krsna, sur lesquelles le- Purânas nous mit surabondamment édifiés (p. 201).
Le Raghuvawça « Généalogie de Raghu » (autre Qom de 1 » .'i iii.i est une sorte de Râmâyana abrégé, en 19 livres, qui ;i été attribué par une tradition plausible au grand poète Kâlidâsa. Il ne saurait, en unit cas, non plus que le suivant, être antérieur
au IV'' siècle de notre ère.
Le Kumâra-Sambhava « Naissance de l'Enfant»,
lemenl attribuée Kâlidâsa, célèbre en 16 chants
Kârttikêya ou Kumâra, lil- de Çiva et dieu .le la
guerre, que non- avons déjà rencontré -ou- -on
nom ordinaire de Skanda (\>. 193).
Le Bhaftîkâoyau Poème de Bhafti "(du nom de
son auteur, que l'on a parfois identifié à Bhartrhari, l'autour des Sentences, cf. p. 228), du VI" ou YII1' siècle après J.-C, traite de l'histoire de Etâma, mais à un point de vue très particulier, en tant, dirions nous, que modèle de correction et de style : sa prétention est de fournir des exemples appropriés de toutes les règles édictées par la gram maire, de toutes les ligures classées par la rhétorique, et elle n'a point manqué, par la suite, d'imitateurs très goûtés, dont nous tairons jusqu'aux noms.
Le Çiçupâlavadha » Meurtre de Çiçupâla » ou Mâghakâvya « Poème de Mâgha » (du nom de son auteur) développe en 22 chants un épisode tiré du livre II du Mahâbhârata: c'est l'histoire d'un roi impie immolé par Krsna au cours du sacrifice du sacre célébré par Yudhisthira. La date est incertaine, antérieure, en tout cas, ainsi que pour le suivant, au Xe siècle de notre ère.
Le Kirâtârjuniya, de Bhâravi, en 18 livres, chante l'amicale rivalité d'Arjuna et du dieu Çiva, telle qu'il l'a empruntée au livre III du Mahâbhârata. Le héros s'est retiré dans la montagne, où il se condamne à une rigoureuse pénitence, en vue d'obtenir du ciel des armes enchantées. Çiva, pour l'éprouver, revêt les traits d'un Kirâta, aborigène chasseur et sauvage, et en même temps un démon l'assaille sous la forme d'un terrible sanglier. Tous deux tirent, puis, la bête morte, se disputent la
PETITES EPOPEES 213
prise, el le combat s'engage entre eux, long à souhait, sans issue. A la fin, Arjuna reconnaît le dieu, tombe à ses pieds et reçoit de sa main une arme invincible.
Le Naisadhîya de Çrî Harsa ' XII' siècle), en 22 chants, est puiséà la mêmesouree(cf. p. 13$ et 1 1!>) et consacré à la gloire <lo Nala, prince de Nisadha : il conte ses nobles amours avec la princesse Damayantî, ses fautes, ses malheurs, son exil et sa brillante restauration.
Le Harivamça misa part, ce -ont là les six ouvrages que l'admiration de l'Inde a honorés du titre de Mahâkâvya a Grand Poème», non pour leur longueur qui est moyenne, mais pour l'importance de leur sujet et la perfection quelque peu conventionnelle de leur forme. Mais elle s'est étendue à d'autres œuvres, où notre goût aurait plus de peine à en ratifier le verdict.
Le Nalodaya « Avènemenl de Nala », en quatre chants, faussement attribué à Kâlidâsa, est un spécimen assez caractéristique des grâces factices el du fâcheux maniérisme de la décadence épique. Il traitée peu près le même sujet que le Naisadba, mais en s'étendanl avec une complaisance marquée
1. < 'm se donnera garde de confondre cet écrivain tardil vec le roi <lr même nom,- abrégé de Harsavardhana \ Il siècle), — beaucoup plus célèbre el à meilleur droit,
auteur de trois drames qu'on retrouvera dans le chapitre
'lu Théâtre.
814 LES M i n li V M RES DE L'INDE
sur la glorification finale du héros après ses longues \ icissitudes.
Le titre du RâghavapâQ$aolya signifier Râma et les Pandas as », ou plutôt l'un ou l'autre à volonté, et le poème justifie son titre : grâce à un îngéaieux système ou casse tête de doubles sens, il cons titue tout ;'i la Eois un abrégé du Mâhâbhârata el du Râmâyana, et le lecteur salace peut s'y donner l'ineffable plaisir d'y déchiffrer à son gré l'une ou l'autre histoire. Ce tour de force est hautement apprécié des connaisseurs, qui ne seraient pas loin de prendre au grand sérieux le nom de l'auteur, Kaviràja « roi des poètes ». L'ouvrage esl sûrement postérieur au Xe ^icele.
On s'abstiendra d'énumérer les autres et nombreuses productions inspirées par la légende si populaire de Râma '. Mais il faut au moins accorder une mention au Sêtubandha « Construction du Pont » ou Râvanavadha « Meurtre de Ràvana ». dont la langue est la principale origina-
1. Ces quelques pages doivent suffire pour faire comprendre ce que c'est au juste qu'un Itûoya moderne : tout uniment, le développement d'une matière; celle-ci empruntée aux poèmes plus anciens: celui-là paré de toutes les grâces artificielles d'images et de diction qu'une rhétorique savante et pédante a abstraites de l'étude de ces mêmes modèles et proclamées obligatoires désormais pour quiconque se mêle d'écrire. Ni le tond ni la tonne ne se renouvellent, et, ii mesure qu'on descend l'échelle des âges, l'indigence apparaît plus superbe et la platitude plus surchargée d'oripeaux.
POÈMES LYRIQI i - SIS
lit'' : il est écrit en mahârâstrî, c'est â-dire dans le dialecte pràcrit de là poésie, et chante le passage triomphant de Râma dans Tile de Lanka (p. 175). ( )n L'attribue, comme tant d'autres, et peut-être sans plus de vraisemblance, au grand poète Kâlidâsa.