‹ Les Littératures populaires de toutes les nations (volume 2)Chapitre 1 sur 113 · MAISONNEUVE ET O-, ÉDITEUR · texte numérisé non relu

MAISONNEUVE ET O-, ÉDITEUR

INTRODUCTION

j ^a^ 'gf plus de deux cents ans après la pablifli^Bb cation du livre immortel de Rabelaii, que "**" Von voit formuler pour la première fois l'idée que Gargantua poavatt bien n'être pas sorti, comme Minerve, tout armé de son cerveau. La pensée n'en vint même pas aux nombreux commentateurs qui dépensèrent tant d'ingéntosili à soulever le voile des allusions rabelaisiennes, et Us auraient dédaigneusement souri rien qu'en entendant émettre la proposition qu'une œuvre de génie avait bien pu avoir pour point de départ un tliime popit-

Au commencement de ce siècle seulement, la ques-

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tion fut posée à T occasion à! une légende recueillie dans le pays de Ret:^ par Thomas de Saint Mars (cf. cette l^ende p, 9/ du présent volume). Eloi Johanneau, dans une note à la suite, émit V opinion que Gargantua était V Hercule Pantophage des Gaulois.

Plus tard, dans la préface de V édition Variorum de Rabelais, il affirma que Gargantua était emprunté à la tradition populaire :

« Rabelais n*est point Vinventeur du personnage mythologique de Gargantua; la tradition de ses exploits était répandue particulièrement en Touraine, en Anjou (1) et dans le duché de Ret:^^, bien avant qu'il ne songeât à faire de ce héros gigantesque le prototype de son roman. Sa fable et sa légende sont encore populaires dans toute la France et peut-être dans toute VEurope, et font partie de la Bibliothèque bleue depuis un temps immémorial. » (T. I, p. 37).

En 182^, Philarète Chastes disait : « Il y avait en Touraine un Gargantua obscur et chimérique qui avait une grossière légende; Rabelais emprunta au

(i) L'affirmation de popularité particulière des exploits de Gargantua en Touraine et en Anjou est contredite par l'enquête qu'ont bien voulu y faire pour moi ^usieurs savants de ces pays ; ainsi qu'on le verra (pp. 167 d 16^), il n'est guère d'ancienne province de France qui ait donné des résultats plus minces, et pourtant les pays voisins possèdent des légendes gargantuines assei nombrettses.

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peuple ce héros fabuleux. » (Tableau de la littérature française au xvje siècle).

Dans la deuxième édition de la M3rthologie allemande (i8}y)y le savant Jacques Grimm y vit une tradition qui remontait à Vépoque celtique.

Ce fut aussi la conclusion de Bourquelot, qui consacra au Gargantua populaire toute une monographie, où abondent les détails curieux. Voici des extraits de la partie théorique de sa dissertation :

€ Le notn de Gargantua est connu de tout le monde : les nourrices l'apprennent aux petits enfants. Us hommes s'en souviennent et le répètent parce qu'il Tipriseftte pour eux une idée de puissance et de grandeur extraordinaires. Gargantua est un type particulier ^qui a plusieurs analogues, mais auquel rien ne ressemble complètement, ni le cyclope antique, ni le géant pourfendeur, ni l'ogre du moyen dge. Chacun s^est créé en soi-niéme une image de Gargantua; chacun sait quelque épisode de sa h\arre histoire. Bien que sa nature soit une de celles auxquelles notre imagination attribue une supériorité physique ou morale sur les hommes, le peuple songe à lui sans terreur et parle de lui aiuec une sorte de bienveillance respectueuse ; c'est une puissance éteinte, mais qui vit encore dans les souvenirs. Sajmpularité

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est grande, surtout dans les campagnes, au fond des villages et des hameaux.

<r Quelle est Vorigine de ces souvenirs d'un personnage conservas en tant de lieux différents ? D'oïl nous sont venus ce nom de Gargantua qui s'est perpétué dans la mémoire de tant d'hommes, cette image du géant, si caractérisée, si populaire, cette histoire dont les fragments sont éparpillés dans les campagnes, et dont on pourrait en quelque sorte composer un tout uni et compact ? Quel lien rattache aux choses de la vie réelle cette bi:(arre tradition que nous trouvons encore vivante et jeune au milieu de notre époque d'insouciance et d'oubli ? Les gens qui la racontent n'en savent rien et n'ont jamais songeas' en instruire. Ceux qui l'écrivent et la commentent affirment que Gargantua est né au XVI' siècle, dans la féconde et railleuse imagination de Rabelais ; c'est lui seul qui Vaurait à jamais rendu populaire, et qui, par ses écrits, aurait promené à travers le monde et à travers les siècles le nom et les aventures de Gargantua,

ff J'avoue que si Vorigine du personnage de Gargantua était devant moi mise en question, je répondrais hardiment : Rabelais n'a point créé le type de Gargantua.

V Je suppose la question posée et je démontre.

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(T Ma première preuve est tirée du grand nombre de traditions qui sont relatives à Gargantua et des monuments auxquels son nom est appliqué. Le roman de Rabelais a eu, je le sais, une immense popularité; mais ce livre savant, composé par un savant, ce livre rempli d'allusions politiques, est-il jamais descendu asse^ avant dans les campagnes pour y avoir laissé des traces profondes ? Au XVh siècle, lorsque si peu de gens savaient lire, le héros de Rabelais a-t-il pu par Vinfluence seule du roman être connu non seulement des hommes éclairés, mais des paysans, non seulement dans les villes, mais dans les hameaux mêmes les plus grossiers ? Les éditions nombreuses des Chroniques gargantuines ont-elles pu rendre Gargantua asse:^^ illustre, pour que le peuple Vait érigé en fondateur des grands monuments dont il ne savait et ne compretiait pas Torigine ?

•r Toutes les personnes de bonne foi diront avec moi : Non cela n'est pas, cela n'est pas possible. On ne concevrait pas non plus, si les traditions de Gargantua venaient de Rabelais, que Gargantua eût été le seul personnage adopté par le peuple, parmi les nombreux types que renferment les romans du curé de Meudon. Pantagruel, géant comme son père, a une importance pour le moins aussi grande que celle de Gargantua,

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et personne dans nos campagnes ne connaît le nom et les gestes de Pantagruel. Et Grandgouster, Gargamelle, Panurge, etc., il n'en est pas non plus question dans les récits du peuple,

ff En supposant même le roman beaucoup plus populaire qu'il n'a dû l'être, on ne saurait admettre qu'il ait pu servir de hase à des croyances aussi vivaces, aussi multipliées que celles dont Gargantua est l'objet. Ce serait le seul exemple d'un roman d'imagination d'un intérêt asse:(^ puissant, pour faire adopter ses personnages aux gens de la campagne comme des types curieux ou encore des réalités passées,

ff Les traditions ne sont pas, ne peuvent pas être

purement imaginaires toujours elles procèdent de

quelque chose de réel. Les types, les personnifications, sont dans les idées avant de prendre place dans les livres, en sorte que, quand on rencontre sur le même sujet une légende et un roman ou un poème, on peut être assuré que la légende a précédé le roman, et qu'avant la légende il y a eu dans le même ordre d'idées quelque chose dont les esprits ont été frappés.

a II y a certaines figures que l'imagination même d'un homme de génie ne suffit pas à créer; il est de ces types qu'un écrivain retrouve, qu'il conserve, mais qu'il ne peut inventer. Tel est à notre sens U

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Gargantua de Rabelais, En Usant les Chroniques gargantuines, on sent qu'il y a au fond de Thistoire du géant quelque chose d'archaïque, et dans Vinvraiseniblable grandeur de cette histoire le travail naïf des inuiginations populaires.

•r A ceux qui objectent qu'on ne trouve avant le XVI* siècle aucun monument écrit, je réponds : La tradition de Gargantua a très bien pu ne se produire et ne se propager que par le récit oral, Rabelais serait le premier qui Vaurait écrite et renouvelée en la rendant littéraire,

«r Nous avons signalé de nombreux monuments celtiques auxquels se rattachent le nom 'de Gargantua et diverses traditions relatives à ce personnage. Ce fait nous semble d'autant plus caractéristique que parmi les restes antiques, les monuments de la religion celtique sont presque les seuls qui aient reçu u nom et qui soient l'objet de ces traditions,

«r Les traditions relatives à Gargantua nous paraissent donc remonter à l'antiquité celtique. Nous ne voulons pas dire que le nom du géant et les faits qui le concernent aient été appliqués aux dolmens et aux menhirs, pendant que la religion des druides était encore en vigueur; il est évident, au contraire, que cette explication n'a dû avoir lieu que longtemps

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après les Celtes, et lorsqu'on avait perdu le souvenir historique des hommes qui avaient élevé ces monuments. Nous soutenons uniquement la contemporanéité des monuments et de l'objet de la tradition ; si Von admet que toute légende a pour hase un fait réel, comme rien ne ressemble à Gargantua che:^ les GaJlo- Romains, ni che:^ les Barbares établis dans les Gaules ; comme le nom de Gargantua n'est point prononcé dans l'histoire de ces peuples, il faut admettre que la tradition de Gargantua est antérieure à la domination romaine et qu'elle remonte aux Celtes,

ff On objecte, contre l'induction que nous tirons, que ce géant est très populaire dans le midi de la France, et qu'il y a là peu de traces du druidisme. Mais ce fait prouverait seulement que les Romains, établis dans la Gaule méridionale, ont pu y renverser les pierres élevées par les anciens habitants et qu'ils ne sont pas parvenus à y détruire les idées et les croyances,

a On dit encore que la classe des géants, à laquelle appartient Gargantua, a été de tout temps et che^ tous les peuples crainte ou vénérée, et qu'il n'y a pas de raison d'attribuer la légende de Gargantua aux uns plus qu'aux autres.

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41 Enfin une dernière objection s'élève. Généra-^ îement, dit-on, Vorigine de toutes les choses grandes et extraordinaires est rapportée à Gargantua, et le nom de ce géant n'est appliqué atix monuments celtiques qu'à cause de l'impression d'étonnement produit par leurs énormes dimensions Le Gargantua des légendes est distinct des autres géants et ses caractères particuliers en font un personnage typique; en second lieu, on trouve en dehors des restes druidiques certains objets décorés du nom de Gargantua ; mais les monuments celtiques n'en restent pas moins les plus importants des nombreux ouvrages auxquels le peuple rattache le souvenir de leur héros faifori.

<r Peut-être l'Hercule gaulois est-il une première forme de notre Gargantua; peut-être le géant des traditions représente-t-il quelque autre héros dont le souvenir ne s'est conservé dans aucune histoire écrite. Peut-être enfin Gargantua doit-il être regardé comme une sorte de personnification de la race gauloise en lutte avec les Romains, Les peuples italiques avaient paru aux Gaulois, lors de leur invasion au-delà des Alpes, de petits et chétifs soldats ; (fest par cette idée qu'on pourrait expliquer le type de Gargantua comme représentation de la force celtique. Une l^ende du

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centre de la Gaule qui, du reste, semble avoir été un peu arrangée par les savants, viendrait à V appui de cette explication,

ff Dans tous les cas, quelque explication que Von adopte au sujet du personnage primitif de Gargantua, on doit reconnaître qu'il se lie essentiellement avec Vhistoire de la race celtiqtte. Il est remarquable aussi que la Beauce, principal théâtre des exploits de Gargantua, dans le roman de Rabelais, est comme un centre de culte druidique, que les monuments celtiques y sont très nombreux, et qu'on y trouve à chaque pas la mémoire de Gargantua conservée par les loabitants du pays,

ff Jusqu'au moment où, Von aura découvert un monument écrit qui mentionne le nom de Gargantua antérieurement au XVI* siècle, le système que j'ai soutenu trouvera des incrédules et des contradicteurs. Cependant je ne doute pas que la preuve complète dt ce que j'ai avancé ne Coffre un jour. »

Après Bourquelot, M, Henri Gaido^ publia um dissertation sur Gargantua, à laquelle il donne comme sous-titre : Essai de mythologie celtique (j). En voici les passages essentiels :

(i) Revue archéologique^ septembre 1868, p. 172-191.

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«r Quel que fut le succès du roman de Rabelais, on ne peut y voir Vorigine de ces nombreuses appellations où entre le nom de Gargantua.

<f Une œuvre littéraire ne pénètre pas asse:^ avant dans les croyances populaires, pour que le nom de ses héros Rattache aux monuments des anciens âges et en remplace les dénominations anciennes. Dans ces dénominations gargantuines d'un grand nombre de nos monuments mégalithiques, on ne peut voir que l'importance et l'universalité de ce mythe encore inexpliqué,

n Mais, dit M, Baudry, trouve-t-on écrit quelque part avant le XVI* siècle le nom de Gargantua ? La chaise de Gargantua, que Von montre dans les environs de Rouen s'appelle Cathedra gygantis dans les chartes du Xllh siècle. Ce silence ne prouve rien, car la pensée de coucher par écrit une superstition populaire eût fait sourire de dédain un scribe du moyen dge, comme il ferait aujourd'hui sourire le bourgeois voltairien et demi-lettré de nos campagnes.

<r Si sur le continent nous ne pouvons trouver avant le XVI* siècle aucun document écrit sur Gargantua, il s'en présente en Grande-Bretagne dès le

XII* Je ne puis m' empêcher de reconnaître le

géant Gargantua dans ce Gurguntius filius nobilis illius Beleni (Giraldi Cambrensis, Topographia

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Hiberniae, II, no 8), que Giraud de Barry, dit Giraud le Gallois, écrivain du Xlh siècle, assure avoir régné sur la Grande-Bretagne bien avant Varrivée des Romains.

ff La Chronique, qui s'imprimait encore à Troyes au commencemeut de ce siècle, nous a conservé de ce nom (de Gargantua), une forme que je considère comme plus archaïque : Gargantuas. Gargantua me semble, en effet, venir d'une forme Gargantuas-atis, comme Nantua (Ain) est venu d'une forme Nantuas-atis, comme Cruas (Ardèche) est venu de Crudatus, etc, (i), A mon sens, Gargantua est formé avec le suffixe uas atis, d'un thème Gargant, participe présent de garg, forme intensive formée par redoublement de la racine Gar (r avaler, dévorer, » Du même thème participial, mais avec un autre suffixe, est formé le nom de Gurguntius, et le Brut Tysilio a gardé la forme primitive en affaiblissant le premier a en \x,

Gurgant La racine redoublée se retrouve sous la

forme abrégée garg dans le latin gurges, gurgids

(i) M. Gaidoi m'écrit en date du 20 janvier i88$, t Je n'os^ rais plus aujouré^hui regarder Gargantuas (avec s finale") comme ttm forme plus ancienne du nom et comme remontant d ^époque gauloise. En linguistique, Vhypothise est facile et facikmmt justi" ciaUe.»

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Oest à cette racine que je rapporte l'espagnol et le languedocien Garganta <( gorge, » littéralement Vavaleuse, et aussi l'ancien anglais gargate et le breton gargaden qui ont le même sens. Gourgandine n'est évidemment qu'une variation dialectale de Gargantîne^ le nom de la mère de Gargantua, dans La Chronique de Troyes, Ine étant un suffixe de diminution, Gargantine et Gourgandine signifieraient donc étymologiquement « petite mangeuse », Le masculin correspondant à Gourgandine se retrouve dans le provincial Gargandin, geignement que donne le comte Jauhert dans son Glossaire du centre de la France. Ajoutons les mots provençaux Gargantuan «r homme, bête vorace; » Gargaou a gavion, gosier, »

et l'espagnol garganton <r glouton » J'explique

donc le thème Gargan (i) que nous a conservé le nom

(i) t Dans une autre partie de la France, nous retrouvons cette appellation de Gargantua. Rapprends, en effet, de M. E. Lenormant, qu'd Spuen, le Jour de la fête de Saint-Romain (2$ octobre), on vendait de petites figures de deux ou trois centimètres de hauteur, représentant des hommes grotesques pourvus de l'insigne de Priape. On appelait ces figures des Gargans, et les jeunes filles en achetaient qu'elles mettaient dans leur corsage dans l'espoir de trouver plus facilement un mari. Il y a une quinzaine d'années, la vente de ces objets indécents a été interdite par la police. On peut voir au musée de Saint-Germain un exemplaire de ces Gargans. Outre l'appendice priapique, le Gargan était muni ^une double paire d^yeux (Note de M. Gaidoi). »

XIV INTRODUCTION

de Gargantua, comme signifiant le dévorant (i), ff Gargantuas est donc une épithète ajoutée au nom d'un dieu, épithète qui, séparée de son substantif, est devenue une divinité par elle-même. Cette même racine gar a fourni à la mythologie indoue le nom d'un dieu que l'on regarde comme la personnification de la lumière, le dieu Garuda, le vainqueur des serpents Nagas.

a Ce nom de Gargantua a le dévorant » convient bien à un géant ; les géants de l'Allemagne portaient autrefois une désignation analogue,

(f Gargantua nous semble être un dieu gaulois transformé en géant ; car nous avons peine à croire qu'il ait pris naissance au moyen dge. Ce mythe, eneffet, ne rentre pas dans l'histoire comme les légendes où Charlemagne a remplacé d'anciennes divinités germaniques. Il ne rentre pas non plus dans les traditions cMtiennes ; il vit en dehors d'elles, et n'a

(i) On peut ajouter aux mots cités par M, Gaido:^, ks suivaniê fue Bourquelot donne en note :

• Latin du moyen âge : Gargatlm, Gtti^tham ; Français : Gtrgate ou Gagaite; Jbalien : Gargatta , Gargantone ; Espagnol : Garganta, Garganter; En Gascon : Garganvûla; En Toulousain: Gargante, p, 14.»

En Haute-Bretagne le gaUot gargate goi^e, ton égargater^ igorgêr, le dialecte romain a gargante, glouton.

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anxc dîes aucun point de contact. Mais dans Got' gantua nous avons un type pré^chrètien.

M H nous semble que V imagination populaire d* une race devenue chrétienne n'aurait pu créer un type qui ne tient au christianisme par aucun côté.

9 Ce qui plaide aussi en faveur de V antiquité de la tradition gargantuine, (fest son universalité. Elle se rencontre dans les provinces les plus diverses de notre France, elle se retrouve en Grande-Bretagne. Ce n'est pas une légende locale, dest un souvenir qui appartient à toute une race. En Grande-Bretagne mime, nous trouvons son nom associé à un nom qui est bien évidemment celui d'une divinité « Gurgundus filius nobilis iUius Belenî. » Comment ne pas reconnaître dans u prétendu roi de la Grande- Bretagne /'Apollo Belenus des Gaulois, dont le culte était si répandu ?

9 Mais quelle divinité était Gargantua, ou pour parler plus exactement, à quelle divinité s'était attachée utte appellation qui, comme nous l'avons vu, signifie le Dévorant?

9 L'idée maîtresse du type de Gargantua est la force. Le dieu qui représente la force étant Hercule, nous regardons Gargantua comme un développement de VHercule gaulois. Mais d^où Hercule aurait-il

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reçu cette épitliète de Dévorant ? Probablement des sacrifices humains qu'on lui offrait. Le plus souvent on brûlait les victimes (on pouvait dire que la divinité les dévorait), et si un dieu recevait plus qv^un autre l'hommage de victimes humaines offertes dé cette façon, la terrible épithète de Dévorant devait /appliquer à ce Moloch celtique,

a D'accord avec M, Liebrecht, nous voyons un reste de ces sauvages coutumes de nos ancêtres dans la coutume de brûler à Paris un mannequin qu^on appelait le Suisse de la rue aux Ours. Dans le Suisse que l'on brûle en grande pompe, nous avons un dédoublement du feu de la Saint-Jean, On sait, en effet, qt^en beaucoup d'endroits, l'usage était de jeter dans le feu de la Saint-Jean des paniers en oiier contenant des animaux. Sachant par d'anciens témoignages que brûler des victimes humaines était chose fréquente che:(^ les Gaulois, nous sommes autorisés à penser que, dans le feu de la Saint-Jean, les animaux ont, à une époque plus civilisée, remplacé les victimes humaines. Le sacrifice que mentionnent César et Strdbon (liv. IV, iv, $), sans en donner la date, devait donc se faire au solstice d'été, et le dieu auquel on donnait V épithète de Dévorant était celui qu'on adorait au solstice d'été, cf est-à-dire un dieu

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solaire. Il se pourrait donc que Gargantua fût originairement une personnijieation du soleil.

ff Disons donc pour conclure :

n 10 Que Gargantua est certainement un type antérieur à Rahelais, et que ce mythe est celtique, puisqt^on le retrouve répandu en France, en Grande- Bretagne et non ailleurs;

ff 20 Que Gargantua est probablement le développement populaire d'un Hercule gaulois ;

«r ^0 Que Gargantua est peut-être un mythe solaire.

<r Peut-être pourrait-on y rattacher le Gayant de Douai, le Graulli de Met:^ la Gargouille de Rouen, la Chair Salée de Troyes, etc. »

En i86^, M, Léo Desaivre, adoptant les conclusions que M. Gaido:(^ az'ait données sous une forme dubitative, publia ses Recherches sur Gargantua en Poitou avant Rabelais, et M. Duval, archiviste de f Orne, fit paraître son Gargantua en Normandie; aux monographies du Poitou et de la Normandie, fai reproduit toute la partie légendaire de ces deux bonnes contributions à T étude du sujei qui nous occupe;

XVm INTRODUCTION

mais au point de vue théorique elles ne renferment rien de nouveau.

Dans un article de la Revue critique, 1868, pp. ^26 et suivantes, M. Gaston Paris émit des doutes sur les conclusions de M. Gaido:(^ :

(( Que le nom de Gargantua soit antérieur au livre connu sous h nom de Chroniques gargantuines, cela n'est pas prouvé; nous n'avons de ce livre aucune édition antérieure à iSS^; mais on sait combien sont rares les exemplaires de ces livres populaires qui sont arrivés jusqu'à nous.

ff Pour un certain nombre de lieux dont il s'agit, on possède d'anciennes dénominatiotis qui parlent simplement d'un géant; il est naturel que Gargantua étant devenu pour le peuple le type du géant, son nom se soit substitué.

ff Tous les traits supposés par M. Gaido\ se. rangent en deux catégories : jo conséquences nécessaires de l'idée d'un géant ou broderies populaires sur ce motif une fois admis ; 2° attribution à un personnage d'une taille et d'une forme gigantesques (A, d'accidents de terrains qui semblent représenter des objets à l'usage de l'homme dans des proportions colossales; B, monuments qu'on trouve trop grands pour avoir été élevés par des hommes). Je ne pense pas

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qu*il y ait un seul des traits cités par M. Gaido:(^ qui ne se rencontre hors de France (i).

(i) On a comparé Gargantua d divers héros ou géants afieiens ou étrangers ; mais, sauf Hercule, aucun n'est four ainsi dire comme lui un héros national :

« La fantaisie populaire représente Hercule comme un être g^an^ tesque et monstrueux, comme une sorte de Gargantua d'une foru incroyable, d'un appétit vorace (pamphagos, polyphagos)^ rude buveur qui ne connaissait pas de bornes d ses désirs (Maory, Croyances du Moyen âge, p. SSS)-

* On peut encore rapprocher de la légende de Gargantua le mythe des Cyclopes, personnification de la foudre et des feux volcaniques qui furent de même transformés par la légende hellénique en une race de géants auxquels l'imagination populaire fit remotttcr l'origine des antiques constructions, et, comme au moyen âge, dit M. Alfred Maury, elle attribuait aux géants, aux génies, au diable, les restes de constructions celtiques dont l'aspect rappelle celui des constructions pélagiques. (Ibid., p. 17).

Voici encore, d titre de curiosité, trois fragments les deux premiers antérieurs et le dernier postérieur d Rabelais, qui, tous les trois, ont des points de contact avec la Légende gargantuine.

« jy après Apollodore, cité par Cerquand, Taranis lithobole p. SJ, Poséidon lançait des pierres comme^ les géants ennemis de Zeus. Au milieu de la lutte, il détache de l'ile Je Cos une pierre immense dont il veut écraser Polybotés. Mais il manque son coup; la roche tombe dans la mer et devient l'île deNisyros (cf. p, 40, 41 du présent livre).

<r Lorsque cet enfant (Porphyre) eut un jour, il mangea un hiscuitj lorsqu'il eut cinq jours, il en mangefl une fournée. Lorsqu'il eut trente jours, il sortit et dit avec fierté : Je suis amoureux d'une jeune fille, et c'est la fille de l'Empereur, m Les exploits de Digénis Akritas, épopée byzantine da xx« siècle. Édit. Sathas et Emile Legrand. Paris, Maisonneuve, i8jS' Introduction, p. CF.

L'imagerie populaire russe possède aussi un similaire de Gargantua ; mais cest un simple glouton.

t C'était, attablé devant son pantagruélique repas, Pontiouba Mange-Tou jours, qui vint du village d Moskua. Stupéfiant tout le

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ff Gurgunt n*est représenté nulle part cotnme un géant, et on ne trouve pas en Angleterre de dénomination populaire locale qui se rattache à Gurguntius.

cr Ce qui serait absolument étonnant, dest qtCun dieu gaulois se fut perpétué avec sa signification mythique, »

n y avait cLSse:^ longtemps que je m'occupais des traditions àe la Haute-Bretagne, et f avais déjà recueilli plusieurs centaines de contes sans avoir jamais entendu le nom de Gargantua appliqué aux héros légendaires, lorsqu'un jour Vidée me vint d'interroger mes conteurs.

J'obtins de toutes parts des réponses qui me prouvèrent que tout le monde connaissait le célèbre géant

monde par sa goinfrerie, il consomme un boeuf entier à son repas, et

f^est par pouds qu^il mange des jambons ; un seau de vôtka, tout un

mouton, dix pouds de pain, lui suffisent d peine pour un jour ^il

peut les accompagner de trois pots de stchi. Du matin au soir il

mange, il pousse son ventre, et, buvant la bière d la cuve, il ne

devient ni gris, ni saoul, ni rassasié. Il ne laisse pas reposer ses

dents. Celles-ci lui demandent grâce. Elles se fâchent contre lui.

Quelques-unes même tombent de sa bouche. Calme, il les gronde, car

il reste du boeuf, du mouton, du stchi, du jambon, de la bière, et

aussi de la vôtka. On Mitonne, on le r^arde et chacun achète son

portrait : alle:^-donc, paye^le deux piatoks, attacbe:(^-le au mur,

admire:^-le, et rie^ pour cent roubles. • (Louis Wontcrs, Scènes et

paysages russes. Paris-Moderne.)

INTRODUCTION XXI

et que ses aventures étaient très populaires. Au lieu de me borner, comme fen avais d'abord eu V intention, à une simple monographie restreinte à la Haute-Bretagne, je voulus essayer si, par les relations que f avais, je ne pourrais pas faire une enquête pour rechercher, dans toutes les provinces de France, les traces de la légende gargantuine. Je fis un questionnaire, que f adressai aux mythographes avec lesquels j'étais personnellement en relations; j'écrivis même à des savants locaux que je ne connaissais que par leurs travaux et feus la bonne fortune de recevoir de presque partout des communications précieuses. Sauf pour la Haute-Bretagne, oii f ai personnellement interrogé les conteurs, toute la partie inédite de ce livre est due à ces collaborateurs bienveillants, en trop grand nombre pour que je puisse ici remercier chacun d'eux en particulier.

Ainsi qu'on le verra par les nombreuses dépositions qui suivent, il n'y a en France aucun personnage populaire dont le nom soit si universellement connu. Il se retrouve aussi bien dans les pays de langue d*oc que dans ceux de langue d'oil, et un certain nombre de ses aventures sont racontées pour ainsi dire partout, avec légères variantes.

D'un bout de la France à Vautrt on trouve son

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ttom attaché aux dolmens, aux menhirs et aux blocs naturels gigantesques; plusieurs portent ses empreintes.

Il n*est point méchant et rend, au contraire, volontiers service; aussi le peuple, qui le considère comme un être bienveillant, lui a composé tout un ménage proportionné à sa taille et chacun de ses ustensiles de pierre éveille l'idée de force et d'indes^ tructibilité.

Il a son berceau, son lit, son siège, ses lunettes, ses sabots, ses souliers, la forme de son soulier, ses bottes, sa canne, son échelle, sa pierre à fatdx. On montre sa soupière, son écueïle, son verre, sa cuiller, ses palets, etc.

H est si grand que les hauts clochers lui passent entre les jambes comme des brins d'herbes; il franchit les vallées d'une enjambée, joue au palet avec les menhirs ou les tables de dolmens, tantôt seul, tantôt (mais pltis rarement) en compagnie d'autres géants.

Les graviers qu'il a dans ses souliers sont des blocs énormes qu'il répand ça et là et qui sont des rochers de la mer ou des pierres immetises. Quand il décrotte ses sabots, il laisse des montagnes de boue.

Son appétit est proportionné à sa taille; chaque province varie quant à la mesure de ce qu'il lui faut pour se nourrir; mais partout on est unanime pour

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constater quelle quantité de nourriture et de boisson lui est nécessaire. Il n'est pas, au reste, difficile sur la qualité des mets et il absorbe dans sa vaste gargate, comme dirait un paysan gallot, les mets les plus variés.

Quand il boit, il met les rivières à sec et produit dans la mer un si grand déplacement d'eau qu'il avale les navires et les flottes.

Aussi ses déjections forment des collines ou des rochers; il pisse des rivières.

Lorsqu'il meurt, on est obligé de lui creuser un tombeau de dimensions prodigieuses.

Nulle part on ne trouve un Gargantua entier; mais on montre les etnpreintes de ses mains, de ses pieds, voire même de ses fesses, car, lorsqu'il touche les rochers, ils cèdent comme une cire molle.

Son squelette paraissait si démesuré à l'imagination populaire qu'on n'en cite que des fragments : son petit doigt, ses dents, etc.

Tels sont les traits que lui attribue le plus fré^ quemment la légende, et ils se reiux>ntrent à peu près partout.

La plupart d'entre eux ne sont pas dans Rabelais; parfois le conte et le roman se rencontrent sur un détail ou un épisode; mais presque toujours les aven^

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tures du Gargantua du peuple et du Gargantua littéraire n'ont que des ressemblances passagères, La même observation s'applique aux Grandes Chroniques et aux Gargantuas de la librairie du colportage. De tous les Gargantuas imprimés, c'est celui de l'imagerie d'Épinal dont les conteurs reproduisent le plus intégralement les exploits, et encore ils m oublient quelques-uns.

Le Gargantua dont les gestes se racontent un peu partout, mais sans jamais former une biographie complète, développée de la naissance à la mort, est donc différent de celui des livres.

Ses compagnons, quand ils sont nommés, Rappellent Brise-Chênes, Petit-Palet, Samson, etc; jamais Panurge, jamais frère Jean des Entomeures, ce type de moine à allures si populaires ; nulle trace de Dindenault et de ses nwutons, ni d'aucun des épisodes étonnants ou comiques dont Rabelais a parsemé son œuvre. Si le peuple a fait à la légende écrite quelques emprunts, à coup sûr ils sont petits et portent surtout sur des traits secondaires.

Pour ceux, et ils forment le plus grand nombre, qu'on ne retrouve que dans les récits, on peut sans témérité les regarder comme antérieurs aux écrits où se trouve pour la première fois le nom de Gargantua*

INTRODUCTION XXV

n est certains d'entre eux qui remontent peut-être aux premiers âges de Yhumanitè et, dans leur ensemble, ils présentent des débris, fondus par l'imagination populaire, altérés et transformés en passant de bouche en bouche, de légendes de provenances très diverses.

De l'enquête actuellement faite sur tous les points de la France, il semble résulter qu'il a existé un vaste cycle légendaire dont les héros étaient des géants ayant pour attributs la résidence ou le passage dans un endroit déterminé du pays, la force, l'énormité, V appétit, les grandes enjambées. A ces qualités générales sont venus se joindre des fragments, traits empruntés soit à la légende ^Hercule, soit à celles des géants de l'Orient, voire même à des saints. Chacun de ces personnages a eu une existence à part et un nom particulier; puis, à une époque difficile à déterminer exactement, ils ont été, pour la plupart, dépossédés de leur indiifidualité et ont été absorbés par un seul : Gargantua, de même que l'Hercule romain avait fini par prendre les attributs de tous les héros congénères.

Cette hypothèse me semble confirmée par l'existence, en un asse:^ grand nombre de pays, de géants qui ont les mêmes fonctions et les mêmes qualités que Gargantua, bien que leur l^ende soit plus effacée et

XXVI INTRODUCTION

que certains aient perdu jusqu*à leur nom propre. Suivant certains auteurs, Gargantua ne serait autre qu'un dieu solaire ouiblil et transformé en géant, fai reproduit les parties essentielles de Vorgu^ mentation de M. H. Gaido:^ qui avait très ingénieusement exposé cette théorie. Mais à part le fragment, page 8j, ou Gargantua produit de la neige et la fait ensuite fondre, je ne crois pas que les nouveaux documents que fai pu réunir apportent beaucoup d'arguments pour ou contre la thèse, soutenue avec prudence, d'ailleurs, dans Gargantua, Essai de Mythologie celtique.

Ainsi qu'on l'a vu dans la partie linguistique du travail de M. H. Gaido:^, ci-dessus reproduite, du Nord au Midi, de l'Est à l'Ouest, tous les dialectes romans d'origine, et même les dialectes celtiques, possèdent la racine onomatopique Gsn, et, quel que soit le suffixe qui la suit, elle évtille l'idée d'avcder. Un nom bien fait et aux syllabes pleines étant formé sur ce radical, se trouvait être compris de tous et éveillait à lui seul un des attributs essentiels du géant,

H avait donc tout ce qu'il faut pour devenir promptement populaire dans les pays où ces langues sont en usage. Si Gargantua est, en France, une sorte de héros national, que chaque province semble

INTRODUCTION XXVII

revendiquer comme sien en lui assignant une rèsi^ dence locale, il le doit en grande partie à son nom. Micromégas et Pantagruel n'auraient pu être créés par îe peuple, qui, s^il n'a pas inventé le terme Gargantua pour désigner un grand mangeur, Va bien vite adopté, le trouvant conjorme à son génie. Il en a fait le géant par excellence qui, peu à peu, a d^ouillé ses nombreux congénères de leurs attributs, de leurs exploits et de leur nom même.

Si, comme le pensent les hommes les plus versés dans notre ancienne littérature, Gargantua ne se trouve écrit qu'une seule fois (i) avant les Grandes Chroniques et la Vie de Gargantua et de Pantagruel, il serait téméraire d'affirmer que ce nom est certainement antérieur à Rabelais, et que celui-ci a fait de nombreux emprunts à une légende gargan^ tuine, populaire avant lui. Toutefois il est permis de penser qu'antérieurement au XVI' siècle il pouvait exister quelque part, en France, un géant appelé Gargantua, dont les aventures étaient répandues dans h peuple. Rabelais, fort au courant des croyances et des traditions de son temps, a pu en avoir connais-

(i) Gargantua qui a chepveux de piastre (Charles Bourdigné, Légende de Maistre Pierre Faifeu, 1526).

XXVin INTRODUCTION

sance et, transformant au gré de son génie le récit confus du peuple, il en a fait Vceuvre imnuyitelle que Von connaît. Le retentissement des Grandes Chroniques^ et surtout de V œuvre de Rabelais, auront fait connaître un peu partout un héros qui, peut-être, n'était d'abord que local; les Vies du fameux Gargantuas, l'imagerie populaire sont venues ensuite et, quoique sous une forme altérée, ont répandu ce nom de Gargantua, expressif, compris de tous et facile à retenir, et qui sera peu à peu devenu synonyme de géant,

22 Janvier i88^.

Paul Sébillot.

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